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QUELS SPORTS POUR L'HYPERTENDU

QUELS SPORTS POUR L'HYPERTENDU

L’hypertension artérielle est une maladie cardiovasculaire très répandue. En fonction de son degré, elle peut représenter un facteur de risque important par son retentissement sur l’organisme...

Par E. VERDIER
Mise à jour 28-04-08
L’hypertension artérielle est une maladie cardiovasculaire très répandue.
En fonction de son degré, elle peut représenter un facteur de risque important par son retentissement sur l’organisme (cerveau, cœur, rein.)
La pratique régulière d'activités physiques et sportives (APS) chez les sujets atteints d'hypertension artérielle (HTA) est non seulement possible mais aussi souhaitable.
Avant de conseiller une activité physique bénéfique, le médecin prend en compte de nombreux paramètres :
- l’importance de l’hypertension
- la présence éventuelle d’une autre maladie cardiovasculaire
- la personnalité du patient : son mode de vie, son environnement, ses aspirations.
RAPPEL

La tension artérielle, variable d’un sujet à l’autre, reflète la pression du sang circulant dans les artères. Sa mesure détermine deux chiffres tensionnels :
- La pression artérielle systolique, normalement inférieure à 14 (140 mmHg).
- La pression artérielle diastolique, normalement inférieure à 9 (90 mm Hg).

CONDITIONS NÉCÉSSAIRES POUR UNE RÉELLE SÉCURITE
Tout sujet présentant une HTA et désirant pratiquer une ac¬tivité physique devrait bénéficier d'une épreuve d’effort (EE).
Celle-ci se déroule sur tapis roulant ou vélo et apporte de nombreux renseignements.
- le profil tensionnel évolutif à l’effort ( non prévisible par la TA de repos)
- la découverte éventuelle d’une souffrance coronarienne
- la tolérance de l’organisme à l’effort (respiration, muscles.)
- l’effet des traitements antihypertenseurs s’il sont prescrits.
Ces traitements peuvent modifier la fréquence cardiaque maximale atteinte.
Avec tous ces renseignements, le médecin peut conseiller le sujet dans le choix de l’activité et de son intensité.
D’autre part, cette épreuve d’effort sert de référence dans le suivi médical afin d’objectiver les améliorations liées à l’activité physique.
CONDITIONS NÉCÉSSAIRES POUR UNE RÉELLE ÉFFICACITE
- L’activité physique doit être pratiquée régulièrement à raison de 3 séances par semaine.
- La durée minimale d’une séance set de 20 minutes. En fonction de la tolérance à l’effort, cette durée peut être augmentée jusqu’à 30 ou 45 minutes.
- L’intensité de l’exercice dépend de la fréquence cardiaque, classiquement de 60% à 85% de la fréquence maximale théorique (FMT). FMT = 220- âge.
Il est important de savoir qu’après un arrêt de l’entraînement de 3 à 6 semaines, les chiffres tensionnels reviennent progressivement à leurs valeurs initiales.
Le sujet doit être convaincu du bénéfice qu’il retirera de la pratique d’ A.P.S tant sur le plan physique que personnel.
Le rôle du médecin traitant dans l’accompagnement psychologique de cette démarche est fondamental.
DIFFÉRENTES ACTIVITÉS
En tenant compte du « vécu » de chaque sujet, le médecin peut le diriger vers 2 types d’activités physiques :
- classiques : marche, vélo, course à pied, natation.
- Plus contemporaines : gymnastique douce, cours d’expression corporelle

Après une période de remise en condition physique et avec un entraînement régulier, le sujet peut aspirer à la pratique d’activités plus ludiques telles les sports de balle, la danse.
Il est alors primordial de lui demander de respecter une période d’échauffement minimal de 15 minutes. L’idéal est de conserver 1 à 2 séances hebdomadaires d’activités de fond (vélo, natation, course à pied)

TYPES D’HTA ET APS
1- HTA légère :
Elle concerne les sujets pour lesquels la pression artérielle systolique est comprise entre 14 et 15,9 et (ou ) la pression artérielle diastolique entre 9 et 10.
Une fois passée la période initiale de remise en condition physique,
Tous les sports sont autorisés en rappelant au sujet les règles d'échauffement et en insistant sur l'hygiène de vie (alimentation, récupération...).

2- HTA modérée :
Elle concerne les sujets pour lesquels la pression artérielle systolique est comprise entre 16 et 18 et ( ou ) la pression artérielle diastolique entre 10 et 11.
Avant la mise en route d'un traitement médicamenteux au long cours, il est souhaitable, en l'absence de problèmes cardiaque ou rénal associés, de tenter de normaliser de la ten¬sion artérielle par la pratique d’une activité physique program¬mée et surveillée.
Si, malgré cette remise en condition physique, le traitement médicamenteux s’avère nécessaire, le médecin tiendra compte de l’incidence de certains produits sur les réactions de l’organisme à l’effort.
L’objectif est de permettre au sujet de bien tolérer son traitement tout en poursuivant l’activité physique.
Les A.P.S imposant des efforts brefs et intenses (ex : musculation ) sont à éviter.
Le rôle éducatif du médecin est très important.

3- HTA sévère :
Elle concerne les sujets pour lesquels la pression artérielle systolique est supérieure à 18 et ( ou ) la pression artérielle diastolique supérieure à 11 .
Le problème est d’abord d’ordre cardiologique : il s’agit d’essayer de normaliser la tension artérielle et de traiter les conséquences éventuelles que son niveau élevé a pu avoir sur l’organisme.
Après une période de remise en condition physique (qui peut être sous surveillance médicale), les activités prescrites seront la marche, la natation, le vélo d’appartement à une intensité modérée. Celle-ci sera guidée par le résultat de l’épreuve d’effort.
CONCLUSION
Les activités physiques doivent être intégrées dans le traitement de l’hypertension.
Avant l’installation d’une hypertension permanente, modérée, elles peuvent normaliser les chiffres tensionnels tant par leurs actions propres que par le changement de style de vie qu’elles induisent.

Au stade d'HTA nécessitant un traitement médicamenteux, elles améliorent les apports sanguins vers le coeur et les autres organes, participent au maintien des capacités fonctionnelles du patient et à son bien-être psychologique.

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