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Vieillissement myocardique

Vieillissement myocardique

Un article de Dr Stéphane Doutreleau publié dans la revue Cardio&Sport n°42.

Quelle dose de sport pour le retarder ?

Avec l’âge, le système cardiovasculaire se modifie avec une augmentation de la rigidité artérielle et une diminution de la compliance myocardique. Cette évolution modifie de façon majeure la physiologie cardiovasculaire et participe à l’apparition de diverses pathologies comme l’hypertension artérielle, l’hypertrophie du ventricule gauche (VG), la dilatation des oreillettes, la fibrillation auriculaire, l’insuffisance cardiaque… La pratique régulière d’une activité physique et/ou sportive est essentielle pour retarder ou atténuer ces phénomènes. Ainsi, les athlètes “masters”, qui s’entraînent quotidiennement à des intensités élevées pendant de longues années, gardent une élasticité vasculaire et myocardique de sujets jeunes. Qu’en est-il des sujets s’entraînant régulièrement depuis des années mais à des fréquences ou des intensités moindres ?
Dr Stéphane Doutreleau

Introduction
Cette étude a exploré de façon invasive, par cathétérisme, 102 sujets sains de plus de 64 ans (hommes et femmes) répartis en quatre groupes en fonction de l’activité physique pratiquée dans les vingt-cinq années précédentes (donc depuis l’âge de 40 ans) :
• “Sédentaires” : pas plus d’une fois par semaine.
• Sportifs “réguliers” : deux à trois fois par semaine.
• Sportifs “engagés” : quatre à cinq fois par semaine.
• Sportifs “de compétition” : six à sept fois par semaine.

Chaque entraînement était défini dans cette étude comme une session d’au moins 30 minutes en continu d’exercice dynamique. Aucune quantification exacte n’était réalisée, et c’est là un biais important de l’étude. Chaque sujet bénéficiait d’une épreuve fonctionnelle d’exercice avec mesure des échanges gazeux pour mesurer la performance aérobie, d’une IRM cardiaque pour mesurer les volumes ventriculaires et calculer la masse ventriculaire gauche, d’un cathétérisme cardiaque droit (pour mesurer la pression capillaire pulmonaire) avec manoeuvres de remplissage ou d’hypovolémie relative (en exerçant une pression négative de 15 à 30 mmHg sur la partie inférieure du corps) couplé à de l’échographie cardiaque pour mesurer les volumes ventriculaires et étudier le remplissage. Pour chaque sujet, les auteurs ont donc pu construire la relation pression/volume VG.

Résultats

Les résultats présentés dans cette étude sont intéressants :
• Les sportifs de compétition sont plus “fit” que les trois autres groupes (environ 8 à 10 kg de moins !) et ont, comme on pouvait s’y attendre, des performances aérobies plus importantes (Fig. 1), une FC de repos plus basse et un remodelage VG de “coeur d’athlète” (augmentation des vo- *Service Sports et Pathologies, CHU de Grenoble lumes et de la masse VG).

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