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SÉJOUR EN ALTITUDE ET MALADIES CARDIOVASCULAIRES

SÉJOUR EN ALTITUDE ET MALADIES CARDIOVASCULAIRES

Recommandations pratiques par le Dr Stéphane Doutreleau. Un article de la revue Cardio&Sport N°30 - Février 2012. Mise à jour septembre 2016.

L’exposition à la haute altitude (> 2 500 m), et parfois même très haute altitude (> 5 500 m), devient de
plus en plus facile et organisée. Le risque et l’aptitude à la pratique des activités de montagne, éventuellement
avec une pathologie connue, sont donc des problèmes fréquents de consultation. 

Dr Stéphane Doutreleau

Thème : Altitude, Recommandations, Pathologies cardiovasculaires

 

Une étude autrichienne (1)
s’est intéressée à la prévalence
des maladies cardiovasculaires
(maladie coronaire avec ou
sans antécédents d’infarctus, HTA et
arythmies) chez les pratiquants des
activités de ski et de randonnée. La
projection des résultats de cette étude
sur tout l’arc Alpin laisse rêveur : il y
aurait ainsi chaque année entre 4 et
5 millions de “cardiaques” qui se promènent
dans nos montagnes… Si les
accidents mortels sont surtout dus
à des accidents liés à l’environnement
(accidents, chutes...), on estime que 25 %
des décès seraient dus
à des morts subites (2)
essentiellement chez
des sujets déjà connus
comme porteurs d’une
maladie cardiovasculaire
ou cumulant un

ou plusieurs facteurs de risque.

 

Malheureusement
les études cliniques sont très peu
nombreuses et les données de la littérature
très insuffisantes pour tirer
des conclusions nettes. Les recommandations
données dans cet article
sont issues d’un article de synthèse
(3) qui se base sur
les données actuellement disponibles.
Ce ne sont pas des
recommandations

officielles d’une société savante.

 

Pour comprendre
les attitudes pratiques
données par la suite, il est
indispensable de connaître les ajustements
physiologiques provoqués
par un séjour en altitude. Sous nos
latitudes, au-delà de 2 500 m, la saturation
artérielle en oxygène devient
le plus souvent inférieure à
90 % et à la fois l’hypoxie alvéolaire
et l’hypoxémie déclenchent une

 

 

série d’ajustements cardioventilatoires.
Leurs buts sont de maintenir
autant que possible un apport en
oxygène adéquat aux besoins. Les
principales modifications hémodynamiques
qui surviennent sont
représentées sur la figure 1. La réponse
à l’hypoxie et l’amplitude de
ces variations peuvent être variables
d’un sujet à l’autre. On retiendra en
résumé :
• une augmentation de la consommation
en oxygène myocardique
(MVO2) du fait de l’augmentation de
la fréquence cardiaque et de l’inotropisme
(stimulation sympathique) ;
• une vasodilatation coronaire et
une augmentation du débit sanguin
coronaire, seule possibilité d’augmentation
de la MVO2 puisque l’extraction
en oxygène (équation de
Fick, DAV O2) est déjà quasi maximale
au niveau de la mer (NM) ;
• une élévation des résistances vasculaires
pulmonaires avec élévation
du niveau de pression artérielle pulmonaire
alors que l’on observe dans
les autres lits vasculaires une vasodilatation
avec augmentation de
la conductance vasculaire (artères
musculaires, territoire cérébral) ;
• sur le plan systémique, malgré la
vasodilatation, on observe une élévation
modérée de la pression artérielle
systémique avec augmentation
de la post-charge ventriculaire
gauche ;
• des modifications hémorhéologiques
surviennent (4) avec réduction
du volume plasmatique, une
augmentation de l’hématocrite, une
polycythémie, une augmentation
de l’agrégabilité plaquettaire…

 

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