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STRESS AU COURS DU SAUT EN PARACHUTE À TRÈS GRANDE HAUTEUR

STRESS AU COURS DU SAUT EN PARACHUTE À TRÈS GRANDE HAUTEUR

Approche par l’étude de 38 holters ECG. Un dossier « Coeur et Armées » : Physiologie.

Résumé :

Le saut opérationnel à très grande hauteur avec dérive

sous voile est un concept aéroporté récent permettant de
parcourir une grande distance sous voile, puis de se poser
discrètement avant de réaliser une mission commando de
jour et surtout de nuit. Pour étudier les réactions
cardiovasculaires de ce type de saut extrême, nous avons
posé 38 holters rythmiques ECG (13 sauts de jour, 17
sauts de nuit et 8 vols avec intention de saut) chez 18
parachutistes très expérimentés (610 sauts et 32 ans en
moyenne). Comme prévu, les variations de fréquence
cardiaque (Fc) scandent les différentes phases de saut :
équipement, montée dans l’avion, dénitrogénation,
accélération franche lors du saut, décroissance très lente
lors de la dérive sous voile et rebond juste avant
l’atterrissage. Aucune anomalie rythmique ou ischémique
n’a été enregistrée. Mais de nuit, la Fc d’un même
parachutiste est toujours significativement plus élevée que
de jour, traduisant le stress psychologique engendré par
les conditions environnementales extrêmes. Cette étude
confirme que l’entraînement diminue les réactions de
stress (et donc la Fc) au fil des sauts et que les
parachutistes ont su gérer au mieux des incidents de saut,
situations parfois très dangereuses se traduisant par une
augmentation franche de la Fc sans trouble du rythme.
 
 
I. INTRODUCTION.
 
Le saut opérationnel à très grande hauteur (SOTGH) avec
dérive sous voile est un concept récent d’opération
aéroportée révélé au grand public par la très médiatisée
traversée de la Manche en tandem réussie le 7 novembre
1999 par deux militaires français (largage à 8 200 mètres,
40 km parcourus en 27 minutes). Effectué à haute altitude
(> 5 000 mètres) sous oxygène pur et avec ouverture
immédiate du parachute après la sortie de l’avion, son but
est l’infiltration discrète de personnels expérimentés
en territoire hostile. L’objectif de ce travail (1) est d’appro-
cher les réactions cardio-vasculaires de stress engendrées
par ce type de saut extrême en enregistrant l’activité
électrocardiographique par la méthode holter ECG (étude
des variations de fréquence, recherche d’une éventuelle
extrasystolie aux deux étages, voire d’une ischémie) chez
des parachutistes militaires très expérimentés et sans
facteur de risque cardio-vasculaire. Après un rappel sur
le SOTGH et ses différentes contraintes matérielles,
physiologiques et psychologiques, nous décrirons les
modalités de l’étude avant d’en présenter les résultats.

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