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> Introduction
Alors que les contraintes
physiques et techniques des
joueurs de rugby ont connu
d’importantes évolutions ces
dernières années, les données
cardiovasculaires ayant trait
à ce sport sont très rares dans
la littérature et ne concernent
que des joueurs de niveau modeste
ou des effectifs restreints.
Nous présentons ici un travail
prospectif mené durant 10 ans
sur des équipes du Top 14. Les
résultats permettent de cerner
plus clairement les caractéristiques
électrocardiographiques
et échocardiographiques des
joueurs de haut niveau.
Dans le milieu des années 1990,
le rugby est devenu un sport
professionnel en Europe.
Cette évolution a été à l’origine
d’une augmentation progressive
et considérable des charges d’entraînement
dans les équipes Elite,
tant sur le plan quantitatif avec des
horaires d’entraînement multipliés
par cinq, que sur le plan qualitatif
avec l’arrivée de préparateurs phy-
* Commission médicale Ligue Nationale de Rugby,
Clinique du sport (Bordeaux-Mérignac)
siques de plus en plus spécialisés.
Un rugbyman travaille désormais
l’endurance, la vitesse, l’explosivité,
la détente, la poussée, la force segmentaire
avec des exercices dédiés
de plus en plus spécifiques.
Les gabarits des joueurs ont aussi
évolué, avec des préparations physiques
plus poussées mais également
du fait d’un recrutement dans les filières
jeunes de garçons initialement
beaucoup plus grands et musclés que
durant les décennies précédentes.
Ce faisant, les staffs techniques des
équipes ont pu disposer de joueurs
aptes à appliquer sur le terrain des
stratégies de jeu de plus en plus
ambitieuses sur le plan physique et
donc de plus en plus sollicitantessur les plans musculaire et ostéoarticulaire
bien sûr mais également
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sur le plan cardiovasculaire.
Les données cardiovasculaires ayant
trait à ce sport sont très rares dans
la littérature et ne concernaient que
des joueurs de niveau modeste (1)
ou des effectifs très restreints (1,
2). Un travail prospectif que nous
avons mené durant 10 ans sur des
équipes évoluant dans le championnat
professionnel français (Top 14),
en attente de publication, permet de
cerner plus clairement les caractéristiques
électrocardiographiques et
échocardiographiques des joueurs
de haut niveau (3).
Avant d’aborder les données cardiologiques
en tant que telles, il paraît indispensable
d’intégrer le paramètre
essentiel, en particulier sur
le plan échocardiographique, que
représente l’évolution rapide des
gabarits des rugbymen.
Les gabarits des joueurs ont beaucoup
changé
Il était classique de dire encore dans
les années 90 que le rugby était un
sport où tous les gabarits trouvaient
leur place. Force est de constater que,
désormais, à haut niveau, les garçons
dotés d’un gabarit moyen ne peuvent
plus prétendre qu’au poste de demi
de mêlée et, pour certaines exceptions
aux postes d’arrière et d’ailiers.
Les tableaux 1 et 2 sont assez éloquents.
On note que, si pour le niveau
international, les chiffres ont
atteint un plafond relatif depuis plusieurs
années (Tableau 1), il n’en va
pas de même pour le championnat
où les gabarits continuent de croître
poste par poste (Tableau 2).
Une enquête similaire coordonnée
par Vidalin (4) objectivait cette même
augmentation des gabarits entre
1988 et 2008. Si les tailles moyennes
étaient supérieures de 3 cm à
vingt ans d’intervalle, c’était surtout
la prise de poids avec + 12,6 kg pour
les arrières comme pour les avants
qui était significative.
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