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TACHYCARDIE À QRS LARGES

TACHYCARDIE À QRS LARGES

Chez un rugbyman professionnel. Un article de la revue Cardio&Sport N°37 - Novembre 2013. Mise à jour janvier 2018.

Nous présentons un cas de syndrome de préexcitation par fibres de Mahaïm, révélé de façon tardive chez un rugbyman professionnel de 34 ans, sans antécédent médical particulier.
Cette anomalie cardiaque est curable, ce qui a permis à ce sportif de haut niveau de reprendre la compétition.
Dr Dominique Vacher, Dr Vincent Cavelier, Dr Yannick Saludas et Sébastien Bourdin.

 


 

Observation

Monsieur X., 34 ans, joueur de rugby
professionnel d’origine samoane,
91 kg pour 178 cm, n’a pas d’antécédent
médical particulier, pas de facteur
de risque cardiovasculaire, notamment
pas d’antécédent familial
de cardiopathie ou de mort subite.
Alors qu’il n’a jamais eu, dit-il, de
symptôme fonctionnel cardiovasculaire
durant sa (longue) carrière, il
présente depuis quelques semaines
des épisodes de tachycardie d’effort,
peu en jouant, mais surtout lors de
séances de travail physique à intensité
élevée.

• Lors d’une de ces séances,
le cardiofréquencemètre enregistre 
une tachycardie de début brusque,
régulière, à 107 % de la fréquence
maximale théorique (FMT), soit près
de 200/min, durant une douzaine
de minutes avec une fin également
brusque, ressentie, mais bien tolérée.
• L’ECG de repos, régulièrement réalisé
dans le cadre du suivi longitudinal de
la Ligue nationale de Rugby, est normal,
hormis un bloc de branche droit
incomplet, et ne montre en particulier
aucun aspect évoquant une préexcitation
ventriculaire.

 



 

• L’échographie cardiaque montre un
coeur de sportif, avec un VG dilaté à
58 mm en télédiastole, une FEVG à
68 %, une HVG concentrique modérée
à 13 mm, avec masse ventriculaire
gauche indexée à 149 g/m², une
minime fuite mitrale physiologique,
un massif auriculaire modérément
dilaté, des cavités droites non suspectes.

• Le test d’effort sur cycloergomètre
permet d’atteindre la charge de
380 watts et la FC de 167/min, soit
90 % de la FMT, et ne reproduit aucun
trouble du rythme.

• C’est l’enregistrement Holter rythmique
“en situation” qui détecte, au
cours d’une séance d’entraînement,
un trouble du rythme, toujours
ressenti, qui s’est déclenché alors que
la fréquence sinusale était à 156/min.


Il s’agit d’une tachycardie à QRS
larges, à type de retard gauche, faisant
initialement évoquer une tachycardie
ventriculaire, de fréquence
instantanée régulière à 198/min.
Ce trouble du rythme à duré 4 minutes,
avec une fin brusque sur un raccourcissement
de l’espace RR, avec retour
au rythme sinusal et disparition de
l’aspect de bloc de branche.
 

 

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