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Activité physique et diabète - Cœur et sport

Activité physique et diabète - Cœur et sport

Un article du Dr Saïd Bekka publié dans la revue Cardio&Sport n°43.

Comment accompagner les patients ?

L’activité physique (AP), surtout dans le diabète de type 2, est un des trépieds du traitement, mais reste probablement la part la plus difficile à intégrer et à observer durablement par les patients. Pour les praticiens, il s’agit d’orienter en évaluant la pratique d’AP, d’adopter une stratégie éducationnelle selon le degré de motivation du sujet et de pérenniser la pratique en accord avec les recommandations. Pour réussir ce pari, il convient d’être progressif et sur le fond et sur la forme, et de s’appuyer sur sept leviers essentiels.
Dr Saïd Bekka
 

Activité physique

L’activité physique regroupe l’ensemble des mouvements corporels dus à la contraction des muscles squelettiques et qui majorent la dépense énergétique. Elle est à différencier de l’exercice qui s’entend comme une forme d’activité physique programmée en durée et intensité pour maintenir une condition, et du sport qui s’inscrit dans un cadre codifié répondant à un règlement.

Bénéfices

La connaissance des bénéfices de l’activité physique (AP) permet plus facilement d’initier, de motiver et d’inciter à la poursuite de la pratique. Le glucose est le substrat utilisé préférentiellement lors de l’AP, il provient essentiellement du glycogène musculaire. La contraction des muscles stimule le transport intracellulaire du glucose indépendamment de l’insuline, grâce à la translocation des transporteurs GLUT-4. Cette action est médiée par une enzyme clé, stimulée par l’activité physique, l’AMP-actived protein kinase (AMPK). Celle-ci active la production de NO et, par ce biais, l’augmentation de la production de GMP-c et la translocation des transporteurs. L’exercice aigu a un effet immédiat sur les GLUT-4, alors que l’activité régulière permet, de plus, une augmentation de leur nombre et de leur expression (1). Les principaux bénéfices démontrés de l’AP dans le diabète de type 2 sont issus d’une méta-analyse (2) conduite par la Collaboration Cochrane.
La revue a recensé 14 études randomisées (soit 377 patients), d’une durée supérieure à huit semaines et jusqu’à deux ans avec un suivi d’entraînement authentifié. Sur l’HbA1c, le bénéfice de l’exercice est une baisse de 0,6 %, alors que le poids reste stable. Cependant, il est retrouvé une modification de la composition corporelle avec une diminution de la masse grasse, notamment viscérale avec une augmentation de la masse musculaire. De même, le taux de triglycérides s’améliore tout comme la sensibilité à l’insuline. Enfin, sur le plan psychologique, l’AP contribue à une meilleure qualité de vie en favorisant l’amélioration des troubles de l’humeur et l’estime de soi.
Le maintien à long terme des effets bénéfiques de l’AP a été clairement établi avec la publication des grandes études de prévention du diabète dans les populations à risque comme les intolérants au glucose. Ainsi, dans la Finish Diabetes Prevention Study, la Da Quing Study chinoise (3) ou la Diabetes Prevention Program Study américaine (4), la réduction de l’incidence du diabète dans le groupe intervention, soumis à l’entraînement, était de l’ordre de plus de 50 %.

Prérequis de l’AP

Cette étape doit permettre le démarrage de l’activité physique en toute sécurité et sérénité. Avant toute participation à un programme d’efforts physiques de patients diabétiques notamment de type 2, il appartient au médecin de pratiquer un examen clinique soigneux avec un interrogatoire dirigé sur les facteurs de risque, les antécédents familiaux coronariens, les signes fonctionnels cardiovasculaires mais aussi ostéoarticulaires.
Si l’épreuve d’effort est souvent indispensable, celle-ci détecte mal le risque aigu et même normal, ne dispense en aucun cas du respect des règles de bonne pratique sportive, comme l’échauffement obligatoire, l’adaptation aux conditions ambiantes, l’hydratation pré-, per- et post-effort, et d’une consultation devant l’apparition de symptômes inhabituels. À ce stade, il est essentiel de rappeler que l’AP doit avant tout demeurer un temps de loisir et de détente et être loin d’une recherche immédiate de performances. C’est au patient de choisir les activités qu’il désire découvrir ou reprendre et cette étape doit s’accompagner d’une réflexion sur les possibilités en matière de temps, d’équipements, de logistique… L’accent doit porter sur la possibilité d’entraînement en groupe ou en famille, source de motivation et de sécurisation.
C’est aussi l’occasion de faire le point sur la diététique car la pratique physique modifie les besoins énergétiques et justifie souvent un recadrage. Enfin, le risque majeur chez le patient diabétique en per- ou post-activité est l’hypoglycémie qui peut parfois être sévère.
Ceci justifie une information préalable obligatoire sur les signes, les circonstances, les conduites à tenir et les adaptations des traitements, chez tous les patients exposés à ce risque.

Logistique

La spécificité des recommandations aux diabétiques réside dans le soin particulier à porter au chaussage, aux soins des pieds, à la surveillance glycémique capillaire et ...

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