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CORONARIEN ET PRATIQUE SPORTIVE

CORONARIEN ET PRATIQUE SPORTIVE

Un article de la revue Cardio&Sport N°35 - Dr Laurent Chevalier - Mai 2013. Mise à jour février 2017.

Pourquoi ? A partir de quand ? Comment ?
Dr Laurent Chevalier

 

Introduction 

Le patient coronarien avéré,
aux antécédents récents de
Syndrome Coronarien Aigu
(SCA), avec élévation de troponine
ou non, éventuellement
porteur de stent coronaire,
avec altération possible de
la contractilité ventriculaire,
n’est décidemment plus un
patient comme les autres. Si
le patient lui-même et son
entourage peuvent accuser le
coup sur le plan narcissique, il
faut bien reconnaître que le
corps médical participe plus
ou moins activement lui aussi
à cette conclusion que « plus
rien ne sera tout à fait comme
avant ».
En effet, malgré la
démarche de réassurance si
précieuse que cultivent et
développent les centres de réadaptation
cardiaque, le patient
va se voir dans l’obligation de
gérer de nombreuses questions
angoissantes, un traitement
médicamenteux indispensable
mais parfois contraignant et
une indéniable mise à l’écart
dans certains cas, que ce soit
au niveau professionnel ou
personnel.

Nous ne traiterons pas dans
cet article du douloureux cas
de l’inaptitude professionnelle qui
peut découler d’un accident coronarien.
Nous aborderons seulement les limites
mais aussi les possibilités de pratique
sportive, de compétition ou de
loisir, chez les sujets pour qui le sport,
sans aucun lien direct avec leur activité
professionnelle, est une passion,
parfois un simple passe-temps, voire
juste un dérivatif jugé indispensable
pour assumer le stress de notre société
moderne.

Restons persuadés du rôle majeur
de l’activité physique en prévention
secondaire, au même rang
que les statines ou les anti-aggrégants.
Baisse de pression artérielle, augmentation
du HDL, diminution de l’insulino-
résistance, diminution du stress,
baisse de la fréquence cardiaque
moyenne, amélioration de la variabilité
sinusale sont obtenues grâce à
une activité physique régulière qui n’a
pas les effets secondaires de certains
médicaments prescrits dans le même
but.

L’autre avantage appréciable est
un allègement substantiel de l’ordonnance
de notre coronarien pour qui
chaque médicament est une brique
supplémentaire le confirmant dans
son statut de malade.

 

 

 

Le rôle du cardiologue dans
la gestion de la reprise du sport

Quelles doivent-être nos préoccupations
majeures pour gérer au mieux la
reprise du sport ? Elles nous semblent
se subdiviser en 3 groupes :
1/ éviter une récidive de SCA, notamment
durant les efforts physiques que
nous allons “prescrire” ou accepter ;
2/ maîtriser du mieux possible le
risque rythmique lié à l’effort et à la
phase de récupération ;
3/ intégrer dans notre schéma décisionnel
la présence d’un (ou plusieurs)
éventuel(s) stent(s) endocoronaire(
s), inerte(s) ou “actif(s)”.

Le risque de récidive au niveau coronaire

La pratique sportive constitue indéniablement
une période à risque sur
le plan coronarien.
Le risque de rupture de plaque est
plus important qu’au repos, de par
l’augmentation des forces de cisaillement
qui s’exerce sur elle. Au niveau
endo-coronaire, avec l’augmentation
du débit coronaire et de la pression
endo-coronaire, mais également au
niveau exo-coronaire par la distension
du réseau artériel qui se retrouve
soumis à une déformation ventriculaire
majeure du fait d’un volume
télédiastolique plus important et d’un
volume télésystolique plus modeste.

Le contexte prothrombotique est
également plus marqué à l’effort, de
par les augmentations transitoires de
certains facteurs inflammatoires et
de l’aggrégabilité plaquettaire (1, 2),
la diminution temporaire de certains

facteurs fibrinolytiques (3) et la déshydration
relative à l’effort, inhérente
à toute activité physique significative
dépassant la demi-heure (4).
Les moyens efficaces à notre disposition
doivent donc être instaurés sans
hésitation et avec fermeté.

Le sevrage tabagique

C’est évidemment une priorité sur
laquelle les cardiologues mettent
34 Cardio&sport n°35
mise au point
l’accent depuis des décennies. Tabac
et sport font par ailleurs mauvais
ménage du fait du caractère spastique
du premier (5) sur des artères où le
contexte prothrombotique est majoré
transitoirement par le second.

L’amélioration du rapport
cholestérol total/HDL

La culture de l’amélioration du rapport
cholestérol total/HDL est plus
récente mais nécessite des efforts qui
doivent rester pérennes...
 

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