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LES PLAQUES VIBRANTES : QUEL RALENTISSEMENT CARDIOVASCULAIRE ?

LES PLAQUES VIBRANTES : QUEL RALENTISSEMENT CARDIOVASCULAIRE ?

Un article de la revue Cardio&Sport - Décembre 2010. Mise à jour juin 2015.

 
Des résultats rapides sans trop se fatiguer… A l’évidence, les plaques vibrantes qui fleurissent
dans les salles de fitness sont dans l’air du temps et ont de quoi séduire !
Depuis quelques années, celles-ci se livrent une concurrence terrible avec des arguments de
marketing parfois médicaux, vantant les bénéfices dans de nombreux domaines : condition
physique bien sûr, mais aussi augmentation de la densité osseuse et prévention de l’ostéoporose,
traitement de l’incontinence urinaire, impacts sur l’évolution de la sclérose en
plaques, de la fibromyalgie, de la maladie de Parkinson, modifications hormonales – testostérone,
hormone de croissance, endorphine –… Mais sont-elles réellement efficaces, tant
les vertus que les publicités leur prêtent semblent (trop ?) polyvalentes et attrayantes. Le
marché visé est donc large, salles de fitness et d’esthétisme (effet annoncé sur la cellulite,
l’élimination de tissus adipeux, augmentation de l’élasticité de la peau et de la production
de collagène… sans compter les amincissements rapides par augmentation des consommations
caloriques) ! Plusieurs sportifs vantent (spontanément ?) les vertus de ces plaques
vibrantes tels récemment Raphaël Nadal et son entraîneur après avoir renoué avec le succès
à Rolland Garros.
Pr Hervé Douard*, Dr Stéphane Lafitte*, Dr Dany-Michel Marcadet**

* Hôpital Cardiologique du Haut-Lévêque, Pessac
** Clinique Georges Bizet, Paris

 

> Comment ça marche ?

 

L’historique de ces plaques vibrantes
nous renvoie aux premiers
développements par les cosmonautes
russes (pour lutter contre
les méfaits de l’apesanteur) et
les sportifs des olympiades moscovites.
Il existe des plaques vibrantes,
d’autres oscillantes… et
parfois les deux associées ! Difficile
donc de s’y retrouver dans ce qui
relève parfois d’un charabia technique
et pseudo-médical lors de la
présentation de ces différents appareils.
Les technologies et qualités
de fonctionnement sont probablement
extrêmement hétérogènes…
comme d’ailleurs le prix de ces machines
! La plus connue (… et la plus
onéreuse !) d’entre elles évoque un
système d’oscillations en trois dimensions
(conjonction de déplacement
au moins horizontal et vertical
de la plaque entre 2-15 mm).
Oscillations et vibrations sont différenciées
selon que la base bouge
avec ou sans axe central fixe. Ces
vibrations sont réglables de 10 à
60 cycles par minute en général,
avec pour but un déclenchement
des réflexes de contraction-relaxation
musculaires à une fréquence
supposée similaire. Il s’agit donc
de basses fréquences avec des amplitudes
relativement faibles (pas
toujours réglables) avec des accélérations
variables utilisant les réflexes
myotatiques ; les plages de

10-20 Hz sont plutôt utilisées pour

travailler la proprioception,
notamment en rééducation
fonctionnelle.
Le poids, les dimensions,
les possibilités de réglage varient
éno rmément… comme le prix de
ces appareils. Ceci
rappelle donc fortement les techniques

 

 

 

d’électrostimulation musculaire,
mais appliquées ici dans
différentes régions de l’organisme
sans précision topographique
et avec des effets potentiels sur
d’autres systèmes organiques, peutêtre
bénéfiques (nerfs, vaisseaux
l ymp h a t i q u e s ) mais aussi potentiellement
délétères (système tendineux, cartilages

et surtout disques intervertébraux).

 

> Les contre-indications

Les contre-indications à respecter
sont assez nombreuses : épilepsie,
diabète sévère, implants
rétiniens ou osseux récents, stérilet,
chirurgie récente, migraines,
tumeurs, grossesse, arthrose sévère,
tendinite aiguë et sur le plan
cardiovasculaire, les patients
porteurs de pacemaker et défibrillateur
(bien que ce dernier
point ne soit pas toujours précisé).
Dans notre expérience, les
discopathies avec surtout des antécédents
de cruralgie et de sciatique
sont des contre-indications
formelles.

 

 
> Evaluation cardiovasculaire

Nous avons focalisé cette évaluation
sur les effets cardiovasculaires en
utilisant une plate-forme de haut de
gamme (Power Plate®), réglable sur
de nombreux paramètres, et qui a
initié le plus grand nombre de publications
scientifiques notamment
sur les effets ergogéniques : l’université
Katholiete de Louvain a notamment
fait état d’une augmentation
de la puissance musculaire tant
isométrique que dynamique (+ 16 et
9 % respectivement) similaire à un
entraînement classique, mais avec
des résultats obtenus beaucoup
plus rapidement.
 

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