Contraintes cardiovasculaires. Un article de Dr Stéphane Doutreleau, revue Cardio&Sport 27 - Mai 2011. Mise à jour septembre 2015.
Le patinage de vitesse est une discipline sportive exigeante à hautes composantes statiques et dynamiques, expliquant qu’elle soit classée IIIC dans la classification des sports de Mitchell et al. (1).
Cette discipline se pratique sur glace (FFSG, Fédération Française des Sports de Glace) et/ ou sur route (FFRS, Fédération Française de Roller Skating). Elle regroupe des pratiques
très diverses (short-track ou grande piste pour la glace) et les distances de course vont du sprint (100 et 200 m) jusqu’au marathon voire plus. En constante augmentation, ces disciplines restent toutefois peu pratiquées en particulier en France, (avec respectivement 600 et 9 500 licenciés pour la glace et la route) où l’exposition médiatique est faible et les infrastructures très peu nombreuses. Le Haut Niveau ne comporte que quelques athlètes dans les deux disciplines. La majorité des données de la littérature scientifique concerne les patineurs sur glace et la technique de “skating” utilisée par le skieur de fond.
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Spécificités physiologiques du
patinage de vitesse
Malgré des spécificités techniques
propres aux différentes disciplines,
les contraintes cardio-respiratoires
et les données physiologiques sont
proches sur glace et sur route (2). La
position du patineur sur route est
toutefois généralement plus haute
sauf dans les phases de sprints ce qui
peut expliquer quelques différences,
que nous verrons plus loin (3).
Le patinage de vitesse nécessite un
apprentissage technique long et un
entraînement des filières à la fois
aérobie et anaérobie. La position
“assise” (Fig. 1) et des contractions
isométriques prolongées des quadriceps
ont des conséquences physiologiques
sur l’adaptation cardiovasculaire
à l’exercice (Fig. 2) (4-11).
Ainsi par comparaison à un effort
sur bicyclette ergométrique ou tapis
roulant :
• le débit ventilatoire maximal de fin
d’effort est un peu plus faible par diminution
du volume courant en position
de patinage (non significatif) ;
• la fréquence cardiaque maximale
est moins élevée par rapport au tapis
roulant (5 à 10 battements) ;
• le temps d’exercice est moindre
lors d’une évaluation en patinage
(fatigue musculaire périphérique
plus rapide) ;
• à l’exercice sous-maximal pour un
même débit d’oxygène (VO2), c’est-
à-dire à intensité relative équivalente,
la sollicitation cardio-ventilatoire
est plus importante avec un
débit ventilatoire et une fréquence
cardiaque plus élevés en position
de patinage en moyenne de 10 battements
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par rapport au vélo (3) ;
• le débit cardiaque maximal est
plus faible (10 l/min en fin d’effort
en moyenne) (11) ;
• le pic de VO2 est plus faible de
5 à 10 % en patinage par rapport
à une évaluation respectivement
sur bicyclette ergométrique (4) ou
sur tapis roulant (5, 8).
Ainsi, l’évaluation sur vélo est
donc celle qui se rapproche le
plus du patinage de vitesse (9).
Ces adaptations particulières seraient
en grande partie liées aux
importantes tensions musculaires
isométriques et à la position particulière
imposée par ce sport (10,
11).
On observe ainsi :
• une plus grande désaturation en
oxygène, déterminée par infrarouge
(NIRS), du vaste latéral en position
de patinage (11, 12) ;
• une diminution de la perfusion
musculaire, déterminée de manière
indirecte (NIRS), des membres inférieurs
en position de patinage
avec augmentation des résistances
artérielles et élargissement plus important
de la différence artério-veineuse
en oxygène (11) ;
• un débit cardiaque plus bas pour
un même VO2 (Fig. 3), avec volume
d’éjection systolique plus faible
et donc fréquence cardiaque plus
élevée.
Tous ces éléments révèlent une limitation
de la perfusion artérielle
et du retour veineux des membres
inférieurs.
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