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ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL

ACCIDENT VASCULAIRE CÉRÉBRAL

Comment reprendre le sport ? Un article de la revue Cardio&Sport - Décembre 2010. Dr Stéphane Idée. Mise à jour avril 2015.

 

Peut-on faire du sport suite à un accident vasculaire cérébral (AVC) ?

 

Très peu d’articles se sont intéressés à cette question. Sur le moteur de recherche Pubmed, 592 articles sont référencés sur les 5 dernières années avec les mots clefs « physical activity, stroke, sport », mais un seul article concerne un sport de loisir (1), les autres développant le réentraînement à l’effort.

Dr Stéphane Idée*
 

> Epidémiologie

L’incidence des AVC en France est
en moyenne de 145/100 000 habitants,
soit environ 150 000 nouveaux
cas par an (2). Les AVC sont la première
cause de handicap
sévère chez l’adulte
et 50 % des survivants
présentent une récupération
incomplète (3).
Si cette évaluation est
principalement basée
sur des données d’évaluation
motrice, elle
minimise les séquelles
cognitives qui pourront
être un frein à la pratique sportive.

 

> Description clinique

Que l’AVC soit d’origine ischémique
ou hémorragique, les tableaux cliniques
sont extrêmement variés,
et il est donc difficile de définir une
conduite à tenir précise pour la pratique
du sport.
Le tableau clinique le plus commun
est celui d’une hémiplégie. A six
mois post-AVC, 90 % des patients
retrouvent une marche. Mais quel
type de marche ? Une marche avec
ou sans surveillance, une marche
avec aide technique, une marche
limitée en appartement ou possible
en extérieur ?
Pour le membre supérieur,
seulement
15 % des patients
ayant un déficit initial
complet de la
main, retrouvent un
membre supérieur
fonctionnel. Ces éléments
nous permettent
déjà d’imaginer
les répercussions au quotidien.

 

loin de ne toucher que l’élément

musculaire et il paraît nécessaire
de rappeler les différentes atteintes
possibles qui peuvent avoir un impact
fonctionnel important.

L’atteinte motrice
Elle est caractérisée par le déficit
moteur, le trouble de la commande
musculaire (syncinésies, lenteur) et
les troubles du tonus musculaire (hypertonie
spastique). Les co-contractions
musculaires (syncinésies)
fréquentes, souvent involontaires

(exemple de l’abduction et rétropulsion
du bras associée à la flexion du
coude) sont inefficaces fonctionnellement
et, associées à l’hypertonie
spastique (classiquement en flexion
au membre supérieur et en extension
au membre inférieur) gênent les
capacités adaptatives de la motricité
vers l’objectif recherché.

 

L’atteinte sensitive
Si l’on conçoit aisément que les
troubles sensitifs superficiels vont
jouer un rôle important dans la
surveillance de tout traumatisme,
les informations provenant de la
sensibilité profonde (pallesthésie,
statesthésie et kinesthésie) ont un
rôle capital dans le contrôle de la
motricité volontaire.

 

L’atteinte cognitive
Elle est extrêmement fréquente.
Même les lésions a priori purement
motrices peuvent entraîner des
troubles cognitifs (citons le cas des
lésions cérébelleuses). L’hypothèse
de phénomène de diaschisis (diminution
plus ou moins temporaire
de l’activité des neurones à distance
de la zone lésée) est la plus en
vogue actuellement.

 

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