Quel intérêt potentiel ? Un article du Dr Benoît Gérardin, revue Cardio&Sport N°33 - Novembre 2012. Mise à jour novembre 2016.
Introduction
Un homme de 53 ans, marathonien expérimenté de longue date (3 h 40 mn), consulte avec un sentiment mitigé sur le résultat de son scanner thoracique. L’image pulmonaire suspecte ayant motivé l’examen est manifestement bénigne, mais des calcifications coronaires ont été détectées (score d’Agatston de 130) et son médecin s’interroge sur l’opportunité de signer le “certificat de non contre-indication à la pratique du sport de compétition”.
Cet homme sans facteur de risque de maladie athéromateuse, hormis l’âge et un antécédent familial d’infarctus chez un oncle, est parfaitement asymptomatique. L’examen cardiologique pratiqué un an auparavant, dont une épreuve d’effort
maximale, était strictement normal.
Cette situation, qui risque de devenir de plus en plus fréquente, nous donne l’occasion de faire le point sur l’intérêt potentiel du scanner coronaire chez le sportif en tentant de répondre aux 4 questions suivantes :
1/ Que permet d’observer le scanner coronaire ?
2/ Quel est l’intérêt du scanner coronaire dans la cardiopathie ischémique ?
3/ Que craint-on en terme de pathologie coronaire chez le sportif ?
4/ Que dit la littérature sur scanner coronaire et sport ?
Mots-clés
Scanner coronaire, Calcifications,
Cardiopathies, Sportif, Score
calcique, Score de Framingham
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Que permet
d’observer le
scanner coronaire ?
Le scanner coronaire sans
injection
Il permet de visualiser et de quantifier
les calcifications coronaires.
Le volume des calcifications coronaires
est mesuré par des scores calciques
dont le plus connu est celui
d’Agatston, un score de 0 correspondant
à l’absence de calcification coronaire,
un score supérieur à 1 000
correspondant à un réseau très calcifié.
L’extension des calcifications coronaires,
quelle que soit la méthode
de mesure (score d’Agatston, “masse
calcique coronaire”…), est reliée à
l’importance de l’infiltration athéromateuse
du réseau coronaire mais
n’est pas spécifique de l’obstruction
coronaire. Ainsi, un sujet peut avoir
une obstruction coronaire sans calcification
coronaire et vice versa. De
plus, en cas d’obstruction coronaire,
sa localisation n’est que très faiblement
corrélée à celle des calcifications.
Le score calcique augmente avec
l’âge (1-4). A âge égal, les femmes
ont en moyenne un score calcique
plus faible que les hommes.
Il est en moyenne égal à
celui d’un homme plus jeune de 15
ans (3).
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Le scanner avec injection de
produit de contraste iodé
Le scanner avec injection de produit
de contraste iodé qui fait suite
à l’analyse du score calcique permet
de visualiser le réseau coronaire.
Sa définition est moins bonne que
celle de la coronarographie. Toutefois,
quand les conditions favorables
d’examen sont réunies, rythme
sinusal avec fréquence cardiaque
inférieure à 70 bpm, apnée bien tenue
pendant 10 secondes, score calcique
inférieur à 1 000, il permet une
bonne visualisation des troncs coronaires
principaux. Il a une bonne
valeur prédictive négative de cardiopathie
ischémique.
Quel est l’intérêt du
scanner coronaire
dans la cardiopathie
ischémique ?
Actuellement il y a un large consensus
sur les trois points suivants.
• Le scanner coronaire n’a pas d’intérêt
chez les patients symptomatiques
chez qui la conviction médicale
de maladie coronaire est forte
ou certaine en raison du contexte.
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