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POURQUOI ET QUAND RÉALISER UN ECHO-CARDIOGRAMME À L'EFFORT CHEZ UN ATHLÈTE ?

POURQUOI ET QUAND RÉALISER UN ECHO-CARDIOGRAMME À L'EFFORT CHEZ UN ATHLÈTE ?

La place de l’échocardiographie d’effort dans le bilan cardiovasculaire de l’athlète n’est pas précisée actuellement(1). Dans cette courte revue, nous allons essayer de préciser l’apport potentiel, a priori évident, de l’échocardiographie d’effort chez l’athlète. François Carré, mise à jour mars 2018.


Caractéristiques échographiques du cœur d’athlète

Classiquement le terme d’athlète est réservé aux sportifs de haut niveau d’entraînement. Cette pratique sportive peut s’accompagner d’adaptations cardiovasculaires fonctionnelles, électriques et morphologiques, d’importance le plus souvent modérées, asymptomatiques et pour la plupart réversibles après l’arrêt total de l’entraînement. Des adaptations fonctionnelles, surtout diastoliques, sont rapportées par échographie dès une pratique de 3 heures hebdomadaires.
Une charge d’entraînement d’au moins 6 heures par semaine à une intensité supérieure à 60 % du VO2 max depuis au moins 6 mois est la définition empirique classiquement proposée pour parler d’athlète. Chez l’athlète, des adaptations morphologiques dominées par une dilatation modérée et harmonieuse des 4 cavités cardiaques associée à une discrète hypertrophie pariétale réactionnelle avec des fonctions au moins normales et souvent des fuites, surtout pulmonaires et/ou tricuspides, minimes peuvent être observées.

Comment réaliser un échocardiogramme d’effort chez l’athlète ?

L’échocardiogramme d’effort est un examen sûr, bien toléré, de faible coût, facilement accepté et techniquement facilité par une bonne échogénicité habituelle chez l’athlète. Cet examen permet d’explorer les réserves fonctionnelles myocardiques et les adaptations valvulaires. Sa réalisation chez l’athlète requiert les règles habituelles de sécurité, en particulier les surveillances ECG et tensionnelles per et post effort. À notre avis, il est préférable de réaliser l’échocardiogramme pendant l’effort avec obtention d’un effort réellement maximal, dépassant régulièrement 300 watts, sans se limiter à la très théorique fréquence cardiaque (FC) maximale. L’examen est le plus souvent réalisé dans la position semi-couchée classique. L’inclinaison latérale gauche doit être évitée ou utilisée la plus petite possible car elle est parfois limitante chez les athlètes. Certains préfèrent l’effort en position assise sur un ergocycle.



Dans les années 1980, avant l’avènement des tables d’échographie d’effort, un ingénieux porte sonde mis au point par le Dr Richard Brion (figure 1) permettait de s’affranchir des limites dues aux ventilations très élevées mais au prix de l’obtention d’une seule incidence. L’échographie enregistrée juste après l’effort (patient immobile sur l’ergomètre ou sur le tapis roulant, ou allongé très rapidement) nous paraît moins informative. En effet, le puissant coup de frein vagal qui ralentit brutalement la FC chez l’athlète peut fortement limiter son apport et son interprétation. Étant donné les limites d’analyse fonctionnelles fréquentes à l’effort maximal, il est préférable d’enregistrer des boucles à chaque palier d’effort, en veillant à ne pas débuter l’effort à un niveau trop élevé. Les boucles avant la fusion des ondes E et A duDoppler du flux mitral (FC à 110-120 bpm en moyenne) et au niveau du premier seuil ventilatoire (cliniquement associé à un changement de cinétique ventilatoire) sont importantes à acquérir en particulier pour analyser les adaptations fonctionnelles initiales myocardiques importantes chez l’athlète qui épargne sa FC en début d’effort.

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