Aller au contenu principal

LE CŒUR DE L'ASTRONAUTE

LE CŒUR DE L'ASTRONAUTE

Un article de la revue Cardio&Sport (Novembre 2010). Pr Frédéric-Léopold Tognella - Actualisation novembre 2014.

 

Les missions spatiales habitées constituent une opportunité

unique d’études. Du fait des fortes contraintes rencontrées
lors du décollage et jusqu’à la mise en orbite, puis lors du
retour sur Terre et du déconditionnement cardiovasculaire
survenant en microgravité, de nombreuses expérimentations
ont été menées. Nous avons tenté, dans cet article, de
passer en revue les items les plus importants en privilégiant
les problématiques qui auront un impact sur la cardiologie
en tant que spécialité médicale.
Pr Frédéric-Léopold Tognella*

> Introduction
Ce que nous appelons la conquête
de l’espace peut se résumer à une
succession d’enjeux de puissance. La
course à la Lune a ouvert le champ
des vols spatiaux habités. Ceux-ci
représentent des défis permanents,
techniques et humains, et restent
sans équivalents. Le principe de la
satellisation a été envisagé par Isaac
Newton dès le début du XVIIIe siècle :
selon ce principe, une vitesse nommée
“première vitesse spatiale” est
définie par la vitesse horizontale
conduisant à une orbite péri-terrestre.
C’est précisément au lanceur
de communiquer une altitude assez
grande puis une vitesse horizontale
élevée. En août 1961, lors du vol

Vostok2, le “mal de l’espace” fait sa

première apparition. Auparavant,
les vols étaient plus courts et purement
balistiques ; la course technologique
entre USA et URSS donne
vite naissance à des engins capables
d’effectuer des manoeuvres.
La même année, le Président J.
F. Kennedy lance le programme
Apollo selon lequel « …Cette nation
se donne dix ans pour faire atterrir
un homme sur la Lune et de le faire
revenir sain et sauf sur la Terre ».
Nous allons ainsi de “l’homme dans
l’espace” et les problématiques qui
y sont rattachées, aux missions spatiales.
Par les questions qu’elles posent
et les moyens technologiques
de ces années, elles sont certainement
le sujet le plus complexe qui
ait été adressé à l’humanité.
Schématiquement, distinguons trois
périodes :
• le défi : aller dans l’espace ;

• la course à l’espace : vivre dans le
milieu spatial ;
• la période actuelle : accomplir des
missions spatiales.
Grâce à la diffusion du savoir, nous
savons maintenant qu’un lanceur
doit s’arracher à la force de gravitation
terrestre et atteindre en quelques
minutes les très hautes couches de
l’atmosphère et, enfin, incliner sa
trajectoire pour entrer dans le vide
spatial et se placer en orbite. Sa vitesse
est alors de 8 à 11 kilomètres
par seconde.
Lors de la phase de réentrée atmosphérique,
les couches hautes de
l’atmosphère exercent un effet de
freinage par frottement qui est mis à
profit pour réduire progressivement
la vitesse jusqu’à l’atterrissage qui
s’effectue à 250 kilomètres par heure
pour la navette américaine. Cette
phase de freinage demande des

manoeuvres complexes en forme de
lacets et exposent l’équipage à une
phase longue d’environ 20 minutes
de décélération, le tout sur une distance
de 8 000 km environ, selon le
point d’impact ou d’atterrissage.

 

> Lire la suite (PDF)

Articles reliés

  • COEUR ET ESPACE

    Entretien avec Philippe Perrin, astronaute de la mission 111 (NASA, juin 2002).Un article de la revue Cardio&Sport (Février 2008). Actualisation avril 2013.