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ENTRAINEMENT A L'EFFORT

ENTRAINEMENT A L'EFFORT

Après dissection aortique aiguë. Un article de la revue Cardio&Sport - Décembre 2009. Dr Sonia Corone. Mise à jour octobre 2014.

 
Quel exercice peut-on recommander à un patient qui a disséqué son aorte ? Cette situation, rarissime il y a 20 ans, devient de plus en plus fréquente. Quel exercice peut-être pratiqué ? Et à quel niveau ?

La dissection aortique aiguë est une
pathologie gravissime avec un pronostic
vital réservé. Au cours des 30
dernières années, grâce aux progrès
importants de l’imagerie et des techniques
chirurgicales, de plus en plus de
patients sont diagnostiqués à temps et
sont sauvés. Ainsi, en Suède, l’incidence
annuelle des interventions sur l’aorte
thoracique a été crescendo et a été multipliée
par 7 en 15 ans. Entre les années
1987 et 2002, 6 660 dissections aortiques
ont été recensées sur les registres suédois
d’autopsies complétés des données
PMSI des hôpitaux (1) et 1 120 cas
(16,8 %) sont arrivés jusqu’au bloc opératoire.
Parmi ceux-ci, 896 personnes
(80 %) ont été sauvées soit 60 patients
par an sur une population qui est le septième
de celle de la France.

Ces patients, lorsqu’ils sont jeunes,
demandent, une fois l’événement aigu
passé, à revivre normalement. Bien
souvent, ils souhaitent pouvoir
reprendre une activité physique voire
du sport. Dans les recommandations
européennes sur la prise en charge des
dissections aortiques aiguës, publiées
en 2001 (2) et les publications américaines
(3), les possibilités d’exercice
physique ne sont pas abordées.
Le titre de cet article est donc bien
audacieux.
calement dans la majorité des cas (figure
1 type B ou type III de De Backey).
Analyser avec précision
l'extension de la dissection
aortique.

Parmi les dissections aortiques opérées,
il faut bien différencier les
patients complètement réparés par
l’intervention, c'est-à-dire les types
II, de ceux chez lesquels il reste en
aval de la réparation chirurgicale une
paroi aortique disséquée et un faux
chenal circulant (type I).

Il est fondamental d’analyser avec précision
l’extension de la dissection aortique
initiale (thoracique et/ou
abdominale ? vaisseaux du cou ? artères
rénales ? artères mésentériques ?), les
caractéristiques du geste chirurgical :
une porte d’entrée a-t-elle été trouvée
et traitée ? Un geste complémentaire
a-t-il été effectué sur la crosse ? Et quel
est l’état du reste de l’aorte ?
Le compte-rendu de l’intervention
chirurgicale est donc indispensable
pour effectuer cet état des lieux, ainsi
qu’un scanner aorto-thoracique postopératoire
avec injection en demandant
de mesurer le diamètre de l’aorte
en regard de l’artère pulmonaire
gauche et de préciser l’existence d’un
faux chenal circulant. Les recommandations
préconisent une ré-intervention
ou une endoprothèse lorsque
ce diamètre est supérieur à 55 mm (2).
Cette première étape sera complétée

> Commençons
par le commencement…
Avant d’envisager la pratique d’un
sport, il faut reconditionner ces
patients qui sont souvent très affaiblis
par l’accident et l’intervention. Ils
sont restés alités pendant plusieurs
semaines. Les laisser en chambre va
renforcer l’amyotrophie, la raideur
articulaire, la désadaptation à l’effort
et conduire à une difficulté de réinsertion
sociale et professionnelle. Cela
peut parfois même engendrer un syndrome
dépressif. Tout l’enjeu est donc
de lutter contre la sédentarité et son
cercle vicieux sans risquer d’être délétère.
Le réentraînement à l’effort
débutera donc en milieu spécialisé
avec des précautions particulières et
sous surveillance médicale cardiologique
et paramédicale.

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