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Hypertension artérielle pulmonaire

Hypertension artérielle pulmonaire

L’activité physique doit-elle être encouragée ?

Alors qu’il y a encore quelques années l’exercice physique, quel qu’il soit, devait être évité chez les patients atteints d’hypertension artérielle pulmonaire, les bénéfices de l’activité physique sur la maladie ont été mis en évidence récemment.
Dr Stéphane Cade

L’hypertension artérielle pulmonaire (HTAP) associe vasoconstriction, thrombose et surtout un intense remodelage des artères pulmonaires de petit calibre à l’origine d’une obstruction artérielle pulmonaire fixée entraînant une élévation persistante des résistances artérielles pulmonaires et à terme une défaillance cardiaque droite. L’échocardiographie en permet la détection, mais seule la mesure des pressions artérielles pulmonaires et du débit cardiaque par cathétérisme cardiaque droit permet d’affirmer le diagnostic. Le traitement conventionnel repose sur des mesures simples (aide psychosociale, éducation thérapeutique, vaccination et adaptation des efforts), des traitements non spécifiques (anticoagulant, diurétique, oxygénothérapie) et très spécifiques (vasodilatateurs purs comme les antagonistes calciques si leur efficacité est prouvée, prostacyclines et analogues, antagonistes des récepteurs de l’endothéline, inhibiteurs des phosphodiestérases de type 5, et autres thérapeutiques plus récentes...).

L’ACTIVITÉ PHYSIQUE RECOMMANDÉE EN CAS D’HTAP

En 2009, les directives sur la prise en charge de l’hypertension pulmonaire ont commencé à suggérer que des patients avec HTAP devaient être encouragés à être plus actifs dans les limites de l’apparition des symptômes (1). En effet, il était précisé d’éviter tout excès d’activité physique intense susceptible de majorer brutalement les pressions droites avec un risque de syncope à l’effort, voire de mort subite. En 2013, une étape supplémentaire a été franchie puisque l’exercice physique, toujours surveillé étroitement, est apparu au premier plan dans les dernières recommandations de consensus en classe I-A. Cette activité physique adaptée est d’autant plus indiquée que le patient présente des signes de déconditionnement physique périphérique et sera au mieux débutée dans un service de réadaptation physique spécialisé permettant une surveillance rapprochée.

EFFETS DE L’ACTIVITÉ PHYSIQUE

Cette nouvelle recommandation repose sur plusieurs essais ou registres retrouvant tous une amélioration ou une stabilisation de la maladie par rapport au groupe contrôle.
La première étude contrôlée randomisée démontrant une amélioration de la capacité fonctionnelle et de la qualité de la vie de patients avec HTAP après un programme d’activité physique remonte à seulement 2006 (2). Dans ce travail princeps, l’exercice physique était très prudent avec des exercices de courte durée avec de faibles charges (10 à 60 watts), par intervalles de 30 à 60 secondes pour une durée totale d’effort de 10 à 25 minutes avec augmentation très progressive et supervisée de la charge de travail. Ce programme spécifique était associé à de la marche régulière à faible intensité (1 h/j x 5 j/sem), à des exercices de renforcement respiratoire et à des mesures de soutien psychologique avec éducation à la perception de l’effort...

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