LA READAPTATION CARDIO-VASCULAIRE A L'EFFORT DES CARDIOPATHIES
Dr J.C. Verdier



3 L'HYPERTENDU :

Le profil tensionnel d'effort permet de connaître le devenir des chiffres tensionnels à l'effort : il n'y a pas de relation avec les chiffres de repos.

On lui conseillera des activités de type dynamique, en tenant compte de la personnalité du patient : celui qui n'aime que les sports de balle ne passera pas ses loisirs sur un vélo ou dans une piscine ! . On le convaincra donc d'incorporer à sa charge d'entraînement hebdomadaire des séances d'endurance (Réf. 6).

On déconseillera les activités de résistance type musculation à une intensité dépassant 40% de la puissance maximale tolérée (P.M.T.) sous peine de favoriser l'hypertension. Le traitement anti-hypertenseur prendra en compte les adaptations à l'effort.

4 LE CORONARIEN :

Quelles activités conseiller ?

Après réadaptation, l'épreuve d'effort détermine les éventuels seuil ischémique et arythmique d'effort et permet d'approcher une dyskinésie : baisse de la tension artérielle (la dyskinésie peut s'étudier par le pouls d'O2 lors de l'épreuve d'effort avec analyse des échanges gazeux ou par échographie d'effort).

L'intensité des efforts prescrits sera inférieure à celle correspondant à ces éventuelles anomalies (Réf. 7).
Les activités d'endurance seront conseillées, à une intensité ne dépassant pas 75% des capacités maximales ou sous les seuils d'ischémie, d'arythmie ou de dyskinésie.

Les activités de résistance seront introduites secondairement, avec des charges inférieures à 40% de la P.M.T.
En cas de bonne tolérance cardio-vasculaire, d'autres activités seront évoquées, fonction de chacun.

Quelle surveillance ?
L'autosurveillance : Le meilleur des outils chez un patient bien réadapté. L'utilisation d'un cardiofréquencemêtre permet de ne pas dépasser les valeurs prescrites et de détecter des troubles du rythme. La connaissance des symptômes cardiaques est déterminante.

Une épreuve d'effort semestrielle permet d'objectiver les progrès tant sur le plan fonctionnel qu'ischémique, rythmique et tensionnel.

Quelles contre-indications ?
Elles sont rares, du fait des possibilités thérapeutiques : angor instable ; ischémie électrique ; troubles du rythme péjoratif ; hypotension ; sub-oedème pulmonaire ; péricardite ; myocardite ; thrombus intracardiaque ; hypertension artérielle pulmonaire sévère.

Efforts et traitements :
Le " meilleur " des traitements est donné à chaque coronarien. Une période de deux à trois semaines est souvent nécessaire pour que le patient s'adapte aux effets des médicaments à l'effort.
L'horaire des prises est important : la pharmacocinétique peut faire varier la qualité de la protection myocardique au cours de la journée. Une prise supplémentaire, 60 à 90 min. avant l'effort peut être nécessaire.

Une hypotension à l'effort de longue durée ou une bradycardie excessive peuvent conduire à modifier les choix thérapeutiques. Des troubles du rythme apparaissant à l'effort nécessitent une prise en charge adaptée.

Sport et Mort subite :
La mort subite est très rare : 1/18.000 sportifs réguliers ; 1/800.000 heures de pratique sportive. Après 40 ans ; 85% des décès sont d'origine Ischémique (Réf. 8).

Il s'agit d'hommes dans 9 cas sur 10. A noter que le risque est inversement proportionnel à la charge d'entraînement hebdomadaire.
La prévention passe par la connaissance des symptômes et la pratique régulière de bilans adaptés. Comme tout sujet prévenu, le coronarien à un risque plus faible.

5 L'INSUFFISANT CARDIAQUE :

Problème majeur de santé publique :
Plus de 500.000 en France et 120.000 nouveaux cas diagnostiqués chaque année…..Les études menées depuis dix ans ont permis de lever l'interdit : Tous les auteurs concluent à une amélioration des insuffisants cardiaques par les activités physiques : La VO2 " pic " est majorée de 20% en moyenne ( Réf. 9 ).

Les mécanismes sont multiples :
Amélioration du débit cardiaque ; baisse des résistances périphériques au repos et à l'effort; meilleure perfusion musculaire et augmentation de la capacité oxydative des fibres.
L'augmentation des capacités pulmonaires, l'entraînement des muscles respiratoires et le déplacement du seuil de dyspnée concourent à cette amélioration.

Les études ne mettent pas en évidence de risques liés à l'entraînement de cette population. Il se dégage même une tendance à l'amélioration par l'entraînement : il y a significativement moins d'événements imposant une hospitalisation. Outre tous les effets positifs déjà décrits, un élément semble majeur : le potentiel arythmogène est diminué par augmentation de l'activité du parasympathique, diminution de l'activité du sympathique et du taux de noradrénaline circulante.

Les protocoles de réadaptation utilisés sont les mêmes que pour les coronariens, en adaptant les contraintes au résultat du test d'évaluation initial:
Entraînement en endurance (de 20 à 30 min.) avec surveillance tensionnelle régulière ;
Entraînement en résistance en mobilisant de petites masses musculaires à des intensités inférieures à 40% de la P.M.T. Les variations de contrainte imposées par ces phases de renforcement musculaire améliorent l'adaptation cardio-vasculaire dans la vie quotidienne.

Les séances sont espacées de 48 heures pour permettre une bonne récupération.

Une prise en charge psychologique et diététique permet une amélioration du rapport poids/taille et renforce l'adhésion au traitement et évite ainsi de nombreuses complications.

5 LES CONTRE-INDICATIONS :

D'ordre général :

Toute altération de l'état général doit conduire à une baisse de l'entraînement, voire à l'arrêt :

Soit il s'agit d'une fatigue et il ne faut pas l'aggraver ; soit il s'agit d'un problème médical ( le plus souvent infectieux ) et il faut laisser l'organisme concentrer ses forces vers la défense immunitaire plutôt que vers la production d'énergie. C'est ainsi que les sportifs de haut niveau sont maintenant " retirés du circuit " à la moindre alerte : c'est la conduite qui " coûte " le moins en terme de temps…..et d'argent.

Tout problème locomoteur sera traité et des activités adaptées seront poursuivies : un arrêt total de stimulation mécanique réduit les synthèses enzymatiques musculaires et donc les capacités à la reprise des activités. A titre d'exemple, l'entorse de cheville du marathonien interdit la course à pied et impose d'autres activités excluant la cheville : musculation ; natation sans les jambes.

   
 

 

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