CARDIOPATHIE ET SPORTS  
LA PRATIQUE DE L'EXERCICE PHYSIQUE CHEZ LE TRANSPLANTE CARDIAQUE 1/2
Mise à jour 20-12-08
 


Activité physique et sportive chez le diabétique de type
Angor et activité physique
Bénéfices et risques cardiovasculaires
Cardiopathies chez l'enfant et sport
Cardiopathies congénitales
Commotio Cordis


Contre-indications cardio-vasculaires à la plongée
HTA et Afrique : Définitions, épidémiologie
HTA et Afrique : HTA Femme, Enfant
HTA et Afrique : HypoTA, Prophylaxie, Biblio
HTA et Afrique : Obésité, Diabète


HTA et Afrique : Physiologie, Physiopathologie
HTA et Afrique : Prise en charge
HTA et Afrique : Protocole HTA Mali
HTA et Afrique : Traitement médical


HTA et Afrique : Urgence HTA, Insuf Rénale, TD Rythme


Maladies cardiovasculaires et activités physiques
Médicaments cardio-vasculaires et cyclisme
Mort subite
Oreillette du Marathonien
Patient coronarien


Quel sport pour le coronarien revascularisé ?
Quels sports pour l'hypertendu


Re-entrainement chez l'obèse et le diabétique de type 2


Signes cardiovasculaires du surentraînement
Stress et maladies cardiovasculaires
Surveillance du DNID sportif
Transplanté cardiaque

Une semaine dans le massif du Hoggar
 
   
 

Dr Jean Gauthier

INTRODUCTION

Grâce d'une part à l'amélioration des techniques de prélèvement, de conservation et de transport des organes prélevés et d'autre part à la découverte de traitements immunosuppresseurs efficaces et bien tolérés, la population des greffés s'est développée.

Les travaux récents ont conclu à l'intérêt des activités physiques chez ces patients, tant dans les domaines physique et psychologique que thérapeutique ( Réf. 5 ).

PÉRIODE POST GREFFE PRECOCE

Une période initiale de " récupération des forces vitales " doit être respectée, permettant l'intégration d'un nouveau mode de vie sans insuffisance organique handicapante, voire mortelle à court terme, l' acceptation d'un organe " étranger ", la mise en route d'un traitement immunosuppresseur à vie et la surveillance régulière en milieu hospitalier.
Un bilan personnalisé, établi en accord avec l'équipe médico-chirurgicale responsable de la transplantation permet d'établir le programme de réadaptation précoce sous contrôle médical, en centre spécialisé.

Les activités ont deux buts : restauration de l'autonomie dans les mouvements quotidiens et lutte contre les conséquences de l'intervention par la kinésithérapie respiratoire, les assouplissements et une relance musculaire segmentaire et globale.
La programmation respectera d'éventuels épisodes de rejet ou d'infection inhérentes aux immunosuppresseurs.

L'enseignement des nouvelles règles d'hygiène doit être fait pendant cette période : traitement des plaies ; hygiène corporelle stricte. A la fin de cette première étape, le transplanté doit avoir retrouvé son autonomie et le goût de la vie. Le succès de la deuxième étape dépend directement de ce " conditionnement "précoce.

PÉRIODE POST GREFFE TARDIVE ( 3 à 6 mois )
Pour obtenir l'autonomie complète du patient, une réadaptation sur le mode ambulatoire est souhaitable.

BILAN INITIAL

Il est précédé de l'étude du dossier et guidé par les résultats de la réadaptation précoce.
Evaluation cardio-respiratoire: par épreuve d'effort avec analyse des échanges gazeux.

1.
Cinétique de la fréquence cardiaque ( F.C. ) : l'absence d'innervation se traduit par une tachycardie sinusale ( 100-120 ). L'élévation de la F.C. à l'effort se fait par l'intermédiaire des cathécolamines ( C.T. ) d'origine surrénalienne. Le temps nécessaire à leur libération, leur transport jusqu'au cœur et à leur action sur le myocarde explique " l'inertie " observée en début d'effort. Pour les mêmes raisons, les fréquences maximales sont atteintes

 

en début de récupération et le retour à la F.C. de départ se fait lentement. A mesure que le délai post greffe augmente, il y a une sensibilité accrue aux C.T ( Réf. 4 ).

2.
Profil tensionnel d'effort : le traitement immunosuppresseur induit chez la plupart des greffés une hypertension artérielle, le plus souvent diastolique. En cas de majoration péjorative à l'effort il conviendra de programmer les efforts à un niveau de puissance n'entraînant pas de surcharge tensionnelle.

3. Analyse des échanges gazeux : outre l'établissement des programmes et la quantification des progrès, ils détectent d'éventuelles anomalies respiratoires.
Evaluation locomotrice : examen clinique complet et étude de la force musculaire ( testing musculaire ou dynamomètre isocinétique ) sous contrôle ECG et prises tensionnelles régulières. Les efforts brefs, d'une durée inférieure à 30 sec. n'entraînent pas chez le greffé cardiaque, d'élévation significative de la F.C.

PROGRAMME DE REMISE EN CONDITION PHYSIQUE


Séances organisées : deux à trois par semaine, d'une durée moyenne de 60 minutes.

1. Adaptation cardio-vasculaire aux activités d'endurance : effort programmé sur ergomètre, l'intensité devant être sous maximale ; de 40 à 70% de la P.M.T. ou sous le seuil ventilatoire.
De nouveaux protocoles sont utilisés, basés sur " l'interval training" ( Réf.1 ) : le S.W.E.E.T. ( Square Wave Exercise Endurance Test ; Réf.2 ). Ils consistent en une répétition alternée de phases d'exercice à deux niveaux de puissance : au niveau de base ( sous le seuil ventilatoire) et au niveau du pic ( proche de la P.M.T.).
2. Adaptations respiratoire, musculaire et articulaire : travail personnalisé avec éducateur.
3. Apprentissage des techniques d'étirement : lutte contre la rétraction tendineuse due aux corticoides et baisse du coût énergétique de chaque activité physique.
Séances individuelles : elles se déroulent dans un cadre choisi par le patient : domicile, piscine, salle de gymnastique et poursuivent les mêmes objectifs.

BILAN FINAL

Il sert à quantifier les progrès réalisés sur le plan cardio-vasculaire et métabolique ( épreuve d'effort avec analyse des échanges gazeux ) et sur le plan locomoteur ( testing musculaire ou dynamomètre isocinétique ). Malgré la réadaptation, les capacités des greffés restent inférieures à la " norme " :puissance maximale moyenne de 135 W ( 100 à 175 ) avec Pic de VO2 moyen de 23 ml/kg/min. ( de 17 ml/kg/min. à 29 ml/kg/min. ).
Il est à noter que les fréquences cardiaques maximales obtenues sur le terrain sont supérieures à celles obtenues en laboratoire ( durée d'effort plus longue avec imprégnation myocardique élevée en cathécolamines ; Réf. 7 )

 

© CCS 2008-2009