L'HYPERTENSION ARTÉRIELLE
L'hypertension est définie par des chiffres tensionnels trop élevés : tension systolique ( la "maxima" ) supérieure à 140 mm de mercure et/ou tension diastolique ( la "minima" ) supérieure à 85 mm de mercure. Pour valider les chiffres tensionnels, la prise de tension doit se faire au repos strict et à trois reprises. Comme toutes les maladies cardio-vasculaires, l'hypertension doit être explorée par des spécialistes.
C'est seulement après ce bilan qui aura éliminé une éventuelle cause organique à cette élévation anormale de la tension artérielle que l'on pourra parler d'hypertension " essentielle" et envisager la pratique d'activités physiques adaptées, avec ou sans traitement médicamenteux.
Le but de l'entraînement physique sera d'abaisser les chiffres tensionnels par une stimulation régulière du système nerveux. En effet l'exercice induit une diminution du tonus vasoconstricteur des vaisseaux et donc leur ouverture avec pour conséquence une baisse des pressions. Cela est particulièrement vrai pour les activités d'endurance. Cette baisse s'observe sur la tension artérielle de repos et lors d'efforts sous maximaux après deux à trois mois d'activité physique régulière.
Après une période initiale de deux à trois mois d'activités en endurance douce, des activités d'endurance dure ou de fractionné avec résistance douce peuvent être pratiquées.
L'ARTÉRITE DES MEMBRES INFÉRIEURS
Cette maladie, liée à une réduction progressive du diamètre des artères d'origine athéromateuse ( comme pour la cardiopathie ischémique ), se traduit par une baisse progressive de l'apport sanguin aux muscles et donc par la baisse de leurs capacités pouvant aller au niveau des membres inférieurs jusqu'à rendre le plus petit déplacement difficile et douloureux.
L'activité physique va donc ici aussi participer à une meilleure irrigation des muscles et à une réorientation progressive du métabolisme énergétique musculaire vers le métabolisme aérobie, de haut rendement.
Il n'est pas rare de voir passer un artéritique d'un "périmètre de marche" de 100 mètres à un périmètre de 1000 mètres en moins de six mois d'activités physiques régulières.
Les activités privilégiées sont l'endurance douce.
BÉNÉFIQUES INDIRECTS DE L'ACTIVITÉ PHYSIQUE
Progressivement, au fil des séances, s'effectue chez chaque patient un changement de comportement l'amenant à modifier ses comportements: baisse de la consommation tabagique; meilleur respect des recommandations diététiques. Tout ceci diminue les facteurs de risque des maladies cardio-vasculaires au premier rang desquels sont le tabagisme et la surcharge pondérale.
De plus, l'effet psychologique positif de la pratique d'activités physiques aide le patient à mieux gérer sa maladie et à mieux suivre les traitements et conseils de son médecin.
L'ensemble de ces éléments font de l'activité physique programmée un atout essentiel du traitement des maladies cardio-vasculaires.
BILAN AVANT ET PENDANT LA RÉADAPTATION CARDIOVASCULAIRE
La mise en route d'une réadaptation ne doit se concevoir qu'après bilan effectué par un cardiologue spécialisé dans l'utilisation à titre thérapeutique de l'activité physique.
La connaissance du dossier médical est indispensable avant l'épreuve d'effort cardiologique qui seule permet d'éliminer une éventuelle contre-indication et de préciser les modalités d'une réadaptation adaptée, avec ou sans traitement médicamenteux. Dans certains cas, une échographie cardiaque et/ou un enregistrement sur 24 heures du signal électrique cardiaque ( selon la méthode Holter ) complétera le bilan.
L'épreuve d'effort apporte pour la réadaptation trois types de renseignements:
La puissance maximale tolérée ( PMT );
La fréquence maximale atteinte sans danger ( FC Max );
Le profil tensionnel d'effort: évolution de la tension artérielle en fonction de l'intensité de l'exercice.
C'est à partir de ces données et des disponibilités et affinités du patient que sera établi le programme.
Du fait de l'évolution des capacités fonctionnelles du sujet et des effets bénéfiques de l'entraînement sur le système cardiovasculaire, une nouvelle épreuve d'effort est souhaitable au bout de deux mois d'entraînement: elle souhaitable au bout de deux mois d'entraînement: elle permettra de vérifier l'absence d'anomalie aux nouvelles puissances atteintes et de définir de nouvelles normes d'entraînement
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L'UTILISATION DES CARDIOFRÉQUENCEMÈTRES
Ces appareils ont révolutionné les possibilités de réadaptation des sujets porteurs d'une maladie cardio-vasculaire. En effet, en permanence, le patient sait avec précision si sa fréquence cardiaque (FC )est dans les limites autorisées ( Zone de travail ).Cette information le rassure dans chacune de ses activités physiques et le stimule pour accroître ses possibilités sans risque.
De plus, il sait que si pour un effort "habituel", la fréquence cardiaque est anormalement élevé ou si le rythme cardiaque est irrégulier ( FC affichée très changeante d'un instant à l'autre ) il se doit de limiter ses efforts et de consulter son médecin.
LES ZONES DE TRAVAIL :
Il est dangereux de vouloir standardiser l'entraînement. En effet chaque cardiaque possède ses caractéristiques propres: ventilatoires, cardiovasculaire et métaboliques.
De plus la majorité des traitements modifient la FC tant de repos que d'effort, ce de façon non univoque.
Il faut donc réinsister sur la necessité épreuve d'effort avant toute réadaptation cardiaque pour, outre éliminer une contre-indication, définir les fréquences de travail.
Ces précisions énoncées, un EXEMPLE peut être donné:
Un patient effectue une épreuve d'effort initiale selon un protocole classique sur bicyclette ergométrique: charge initiale 10 watts; incrément de la charge de 10watts toute les minutes.
Les résultats sont:
Durée de l'épreuve 10 min; puissance maximale 100 watts.
Fréquence de repos 70; fréquence maximale ( FC max ) 140.
Tension artérielle de base 130/80 mm Hg
Tension maximale 170/85 mm Hg avec profil tensionnel normal.
Absence de trouble du rythme cardiaque ou anomalie évocatrice
de souffrance myocardique à ce niveau de charge.
Pas de contre-indication à la pratique d'activités physiques programmées.
La zone est alors définie selon de principe suivant:
Effectuer des exercices à des fréquences inférieures à 70% de la réserve chronotrope ( FC max- FC base ) soit dans cet exemple FC inférieure ou égale à 120. En effet, la réserve chronotrope est de 140-70 soit 70 et 70% de 70=50; donc FC max de travail égale à 70+50=120.
En pratique, ce patient effectuera des activités adaptées à sa maladie ( conférer supra ) à des fréquences comprises entre 100 et 120.
LA CHARGE HEBDOMADAIRE DE TRAVAIL
Pour être efficace, il faut effectuer au moins trois séances par semaine d'une durée minimale de 20 min.
Les résultats seront d'autant plus spectaculaire que l'on augmentera la durée et la fréquence des entrainements pour ne pas dépasser 6 séances par semaine d'une durée maximale de 45 minutes. En effet, au delà de cette charge d'entraînement hebdomadaire, il n'y a pas de majoration nette des bienfaits avec le risque de fatiguer l'organisme. Cette fatigue pouvant se traduire par une augmentation de la fréquence cardiaque pour des efforts habituels. De plus risquent d'apparaître des signes de souffrance de l'appareil locomoteur.
A l'issue de 8 à 12 semaines d'entraînement une nouvelle épreuve d'effort objectivera les effets positifs: gain de puissance; baisse de la FC à chaque niveau de charge et amélioration du profil tensionnel. Elle peut aussi montrer une mauvaise tolérance à la charge d'entraînement et le but sera de trouver "l'erreur".
Après cette deuxième épreuve permettant de définir une nouvelle charge d'entraînement fonction certes des résultats mais aussi des désirs des patients et de leur disponibilité, un nouveau programme sera donné pour environ six mois avec ordre au sujet de contacter son médecin en cas d'anomalie de la fréquence cardiaque ou de signe thoracique inhabituel.
CONCLUSION
Comme on le voit, la gestion des patients porteurs de cardiopathie et désirant pratiquer une activité physique n'est pas simple.....mais passionnante.
La venue des cardiofréquencemètres permet au médecin et au patient de mieux gérer la maladie et même de la faire régresser.
Mais il ne faut jamais oublier qu'il s'agit de sujet porteurs de limites à ne pas dépasser sous peine de drame.
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