CARDIOPATHIE ET SPORTS  
MALADIES CARDIOVASCULAIRES ET ACTIVITÉS PHYSIQUES 1/2
 


Activité physique et sportive chez le diabétique de type
Angor et activité physique
Bénéfices et risques cardiovasculaires
Cardiopathies chez l'enfant et sport
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Commotio Cordis


Contre-indications cardio-vasculaires à la plongée
HTA et Afrique : Définitions, épidémiologie
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Médicaments cardio-vasculaires et cyclisme
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Quel sport pour le coronarien revascularisé ?
Quels sports pour l'hypertendu


Re-entrainement chez l'obèse et le diabétique de type 2


Signes cardiovasculaires du surentraînement
Stress et maladies cardiovasculaires
Surveillance du DNID sportif
Transplanté cardiaque
 
   
 

Dr J.C Verdier
Mise à jour mai 2008

INTRODUCTION

Pendant longtemps on a cru que les personnes souffrant d'une maladie cardiovasculaire ne devaient pas pratiquer d'activité physique sous peine d'aggraver leur maladie voire de s'exposer a des accidents dramatiques. L'évolution des connaissances en physiologie cardiovasculaire et en médecine du sport, aidée par la volonté de nombreux patients ne pouvant se résoudre à l'inactivité forcée ont montré qu'il n'en était rien et que de plus l'activité physique agissait favorablement sur le devenir de la maladie; à condition bien sur d'effectuer des activités programmées et personnalisées après bilan spécialisé.

Cette prise en compte de l'activité physique dans le traitement des maladies CARDIOVASCULAIRES est officialisé par des publications internationales et par des conférences de consensus au niveau mondial ( Office Mondial de la Santé ).

Le développement de ces programmes de réentrainement adapté à chacun a été facilité par l'apparition d'instrument de surveillance tels que les cardiofréquencemêtres. En effet, si chez un sujet " standard ", le non respect des fréquences cardiaques " cibles" se traduit simplement par un essoufflement excessif et une fatigue musculaire inhabituelle, il peut se traduire chez le sujet porteur d'une maladie cardiovasculaire par des complications graves.

Il conviendra donc de toujours prendre l'avis d'un spécialiste en maladie cardiovasculaire avant de démarrer un programme de réentrainement.

Les maladies pouvant bénéficier de ces programmes se décomposent en deux groupes: les maladies cardiaques et les maladies vasculaires; les deux pouvant être associées.
La cardiopathie ischémique, l'insuffisance cardiaque et la greffe cardiaque pour l'essentiel des maladies cardiaques; l'hypertension artérielle et l'artérite des membres inférieurs pour l'essentiel des maladies vasculaires.

LA CARDIOPATHIE ISCHÉMIQUE

Sous ce terme sont regroupées toutes les formes d'une maladie atteignant les artères coronaires. Il peut s'agir d'une atteinte modérée avec rétrécissement peu serré d'une des artères coronaires aux séquelles d'un infarctus du myocarde ( consécutif à l'occlusion d'une artère coronaire ).
Cette maladie est bien connu du public sous le nom d'angine de poitrine".

Le but de la pratique d'activités physiques régulières va être d'une part de diminuer le travail du coeur afin de l'économiser et d'autre part d'améliorer la qualité de la vascularisation du muscle cardiaque ( myocarde ) afin d'éviter de le faire souffrir.

Diminution du travail cardiaque:

Grâce à l'entraînement physique, la fréquence cardiaque tant de repos que d'effort va s'abaisser. En d'autres termes, le temps séparant deux contractions cardiaque s'allonge, laissant plus de temps au remplissage des artères coronaires , assurant une meilleure irrigation du myocarde.
Progressivement, au fil des séances, on observe une baisse de la concentration dans le sang des catécholamines ( adrénaline et noradrénaline ), hormones qui augmentent le travail du myocarde en intensifiant la force et la vitesse de sa contraction. La baisse des catécholamines sanguines va également permettre une meilleure ouverture des artères périphériques ( artères destinées à l'ensemble de l'organisme ) entraînant une baisse de la tension artérielle et donc une moindre résistance à la sortie du sang au départ du coeur; ceci diminuant également le travail du myocarde.

Sur le plan métabolique, au niveau du myocarde lui-même, on observe une meilleure utilisation de l'oxygène signant le développement de capacités aérobies accrues. Ceci est important compte tenu du meilleur rendement énergétique du métabolisme aérobie par rapport au métabolisme anaérobie.

L'ensemble de ces adaptations fait que pour une même sollicitation de l'organisme, il y a baisse du travail cardiaque.

Amélioration de la vascularisation myocardique:

L'entraînement physique régulier facilite la circulation harmonieuse du sang dans les branches des artères coronaires et au sein des fibres myocardiques par plusieurs mécanismes complémentaires. D'une part en évitant l'oblitération progressive des vaisseaux par des plaques d'athérome constituées essentiellement de cholestérol ( il peu même y avoir régression partielle de certaines plaques ) et d'autre part en favorisant l'ouverture des micro vaisseaux au sein de la masse musculaire elle-même.
De plus le sang est fluidifié, diminuant le risque de la formation de caillot dans la lumière des artères coronaires.

Les activités d'endurance sont dans un premiers temps les plus adaptées. Après ce reconditionnement initial, des activités de type fractionné, incluant des phases en résistance douce seront réalisables.

L'INSUFFISANCE CARDIAQUE

Cette maladie se traduit par une baisse de la capacité du coeur à envoyer du sang dans l'ensemble de l'organisme. Elle a plusieurs origines: cardiomyopathies primitives ou secondaires par atteinte directe du myocarde; cardiopathie ischémique secondaire a une maladie coronarienne sévère;

 

cardiopathie liée à une hypertension artérielle chronique évoluant depuis plusieurs décennies; atteintes des valves cardiaques; ceci pour l'essentiel.

Pour tenter de s'adapter à cette situation d'insuffisance cardiaque, l'organisme au fil du temps va diminuer la perfusion des muscles périphériques et ceux-ci vont progressivement perdre du volume et, faute d'apport suffisant en oxygène, vont réorienter leur métabolisme vers le métabolisme anaérobie dont le rendement énergétique est beaucoup plus faible. Tout ceci va se traduire par une baisse des capacités fonctionnelles du sujet pouvant aller jusqu'à la perte de l'autonomie pour les gestes de la vie courante.

Le but de l'activité physique va être de rompre ce cercle vicieux.

D'une part en améliorant les conditions de travail de cette "pompe " cardiaque afin d'en augmenter les capacités de débit et d'autre part en modifiant au niveau périphérique les conditions de circulation du sang et d'utilisation des substrats énergétiques qu'il véhicule afin d'améliorer les capacités fonctionnelles du patient.

Pour ce faire, le travail musculaire est segmentaire dans un premier temps: la mobilisation d'un seul membre n'impose que peu d'augmentation du débit cardiaque mais est suffisant pour mettre en jeu les dispositifs d'adaptation à l'effort. Ceci induit progressivement une baisse des résistances vasculaires périphériques et donc une baisse des contraintes imposées au coeur.

Au niveau du segment de membre mobilisé, il se produit progressivement une ouverture des vaisseaux ce qui va assurer un apport en oxygène et en substrats énergétiques supérieur. En réaction le muscle va se développer et réorienter son métabolisme énergétique vers le métabolisme aérobie. Le résultat en est un gain de 20 à 30% de la force segmentaire.

L'application de cette technique de renforcement musculaire segmentaire à l'ensemble des grands groupes musculaires aboutit à une amélioration des capacités fonctionnelles du patient de 15 à 30% en fonction de l'ancienneté de l'insuffisance cardiaque. Lorsque que cette phase est accomplie avec succès, et en l'absence de contre-indication d'ordre médical, des activités physiques mettant en jeu en même temps plusieurs groupes musculaires et donc de plus grandes masses musculaires seront envisagées pouvant aller jusqu'à la pratique du vélo ou du rameur.

Ce gain est fondamental à plus d'un titre: changement de psychologie du patient qui redevient autonome et change ainsi de statut dans son environnement; changement du degré de gravité de la maladie allant jusqu'au retrait de la liste des patients en attente de transplantation cardiaque pour certains d'entre eux.

LA GREFFE CARDIAQUE

Les insuffisants cardiaques gravissimes ayant bénéficié d'une transplantation cardiaque peuvent et doivent pratiquer des activités physiques adaptées une fois passée la période initiale post greffe ( de 1 à 3 mois ) pendant laquelle ils sont suivis par des kinésithérapeutes en milieu spécialisé.

L'activité physique aura plusieurs buts: améliorer les capacités d'adaptation du coeur greffé aux sollicitations de l'organisme receveur; lutter contre les effets secondaires du traitement anti-rejet et développer les capacités fonctionnelles du patient afin de lui permettre une réinsertion sociale complète.

L'adaptation du coeur greffé: ce coeur n'a plus de connexion nerveuse avec l'organisme dans lequel il est implanté et ne peut donc réagir immédiatement aux changements de situation. C'est ainsi que la fréquence cardiaque de ce coeur ne s'élève pas au passage de la position couchée à la position debout et à la mise en jeu brutale des muscles. L'adaptation de la fréquence cardiaque se fait lentement par l'intermédiaire des cathécolamines libérées par les glandes surrénales.

La pratique régulière des activités physiques réduit l'inertie de réponse aux sollicitations en entraînant une libération plus rapide des cathécolamines et en augmentant la réponse du coeur par sensibilisation à ces hormones.
C'est ainsi que l'inertie peut passer de trois minutes à moins d'une minute et la fréquence maximale atteinte passer de 140 à 160.

Lutter contre les effets secondaires du traitement anti-rejet:
ce traitement induit plusieurs désordres que l'activité physique réduit considérablement: la déminéralisation osseuse et la fonte musculaire.

Développer les capacités fonctionnelles de greffés: en l'absence d'activité physique, le greffé reste un sujet très affaibli avec des capacités maximales inférieures de 30% à la "norme" des sujets standards. Après réentrainement, ils se retrouvent proches de ceux-ci.

Dans les suites précoces de la transplantation deux axes de travail sont définis: renforcement musculaire segmentaire et activités d'endurance. Par la suite, tout type d'activité peut être pratiquée à condition d'être précédée par un échauffement correct et suivie d'une récupération active.


 

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