CARDIOPATHIE ET SPORTS  
ACTIVITÉ PHYSIQUE ET SPORTIVE CHEZ LE DIABÉTIQUE DE TYPE 2
 


Activité physique et sportive chez le diabétique de type
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Une semaine dans le massif du Hoggar
 
   
 

Vincent RIGALLEAU
Mise à jour septembre 2008

L’activité physique et sportive (APS) peut-elle aider à prévenir ou traiter le diabète de type 2 ?
Quelles sont les précautions et modalités de sa prescription ?

L’intérêt de l’APS a été suggéré par des études d’observation. Le suivi de 6000 hommes de 1962 à 1976 a montré une nette réduction du risque de survenue d’un DNID chez les sujets pratiquant régulièrement une APS : -6% par tranche de 500 kcal d’activité hebdomadaire (Helmrich et al, N Engl J Med 1991 ; 325 : 147).
Cette amélioration concernait spécifiquement les sujets à haut risque (en surpoids, hypertendus, ou ayant des antécédents familiaux de DNID). Des études d’intervention chez des sujets présentant un état prédiabétique (Finnish Prevention Study, Diabetes Prevention Program) ont confirmé cet effet favorable, avec une réduction de moitié de l’incidence du DNID dans les groupes suivant un programme d’APS régulière. Dans toutes ces études, un effet bénéfique était observé même en l’absence de perte de poids.

A court terme, l’APS réduit modérément mais significativement la glycémie des DNID, et améliore leur sensibilité à l’insuline (Devlin et al, Diabetes 1987,36 : 434).
Cet effet est obtenu, comme attendu, par une utilisation musculaire accrue du glucose, mais il existe aussi une réduction de sa production endogène (hépatique). A moyen terme (2 mois), l’APS réduit l’HbA1C.
Le rôle potentiel d’un meilleur métabolisme hépatique du glucose est là aussi suggéré par la réduction franche (-50%) de la graisse abdominale viscérale qui influence ce métabolisme, sans que le poids total ne baisse (Mourier et al, DiabetesCare 1997,20 : 385). De ce dernier point de vue, l’APS est surtout intéressante pour éviter ou limiter la reprise pondérale après un régime hypocalorique (Fogelholm, Arch Int Med 2000,160 : 2177) : son effet amaigrissant propre est faible.

 

L’effet sur les facteurs de risque cardio-vasculaire est par contre net : amélioration de 20% des triglycérides et du HDL-Cholestérol, réduction d’un cm Hg de la TA en 3 mois (Lehmann et al, Diabetologia 1995,38 : 1313).

Les limites de l’APS en tant que traitement du DNID sont celles de son efficacité et de sa faisabilité, chez des patients âgés, obèses ou invalidés. La tolérance a ses limites, et certains risques spécifiques doivent être appréciés de façon individuelle.
Outre l’ischémie silencieuse, il faut penser au risque d’hémorragie intra-vitréenne à l’effort en cas de rétinopathie proliférante, à l’hypoglycémie sous insuline ou sous sulfamide hypoglycémiant, et à la neuropathie sensitive qui oblige à limiter la marche pour éviter le mal perforant plantaire.

Ces limites impliquent des précautions avant « prescription » d’une APS. Epreuve d’effort, examen du fond d’œil, examen des pieds, sont des préalables nécessaires. Le patient soumis à un traitement hypoglycémiant doit disposer de sucre lors des premières séances.
Les sports d’endurance, les sports collectifs sont particulièrement recommandés, un effet significatif peut être attendu avec 3 séances hebdomadaires de plus de 30 minutes à 60±10% de la FMT. Mais la simple activité de la vie quotidienne (marche, jardinage, ménage, bricolage…) est aussi à encourager (Gautier et al, Diabetes & Metabolism 1998, 24 : 281).

L’APS est donc utile pour prévenir et traiter le diabète de type 2, et réduire ses facteurs de risque cardio-vasculaires. Les limites de son efficacité, de sa tolérance et de sa faisabilité doivent cependant être reconnues, et appréciées individuellement.



 

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