Le point de vue du cardiologue.
Les méthodes d’entraînement dans les disciplines sportives d’endurance ont fait de considérables progrès ces deux dernières décennies et d’une approche empirique et approximative on est passé au stade d’une planification d’entraînement plus personnalisée plus rationnelle et plus efficace et ce en grande partie grâce au contrôle de l’intensité de l’exercice par l’utilisation des cardiofréquencemètres.
Ce changement dans l’approche de la performance sportive a coïncidé avec le véritable engouement pour la pratique de ces activités sportives de masse que sont la course à pied ,le cyclisme et le cyclotourisme il suffit de voire le nombre d’engagés à un marathon comme celui de Paris qui a été décuplé en dix ans pour s’en convaincre.
Or ces pratiques sportives sont celles qui sollicitent le plus le système cardio vasculaire , ainsi le cardiologue du sport est donc souvent en première ligne lors d’un test d’effort pour prodiguer des conseils sur la programmation d’un plan d’entraînement chez ces sportifs , notamment chez les vétérans mais aussi chez les patients hypertendus, diabétiques voire insuffisants cardiaques à qui l’on recommande maintenant et à juste titre un réentraînement à l’effort « en endurance ».
Ainsi le cardiologue du sport se retrouve souvent sur la trajectoire qui part du sujet sportif ou cardiaque et de ses ressources personnelles jusqu’aux exigences de l’activité sportive et de ses objectifs (compétition pour les uns réadaptation pour les autres).
L’usine énergétique de l’être humaine pour fonctionner doit produire une molécule l’ATP qui en se dégradant va permettre la contraction des fibres musculaires concernées .les stocks d’atp étant limités dans l’organisme il faut sans cesse renouveler ce précieux « outil » de l’activité musculaire. Un « substrat » en présence d’oxygéne qui sert de « comburant » va fournir le renouvellement de cet ATP .
Les substrats permettant la reconstitution permanente du stock d’ATP sont les Glucides qui ont un excellent rendement énergétique (bcp d’atp formé par quantité de substrat consommé) mais dont les réserves sont faibles et épuisables dans l’organisme et les Lipides de moins bon rendement énergétique mais dont les stocks sont considérables.
Ainsi le principe de l’entraînement sera d’abord celui d’une épargne glucidique de façon à préserver ce précieux super carburant et permettre de maintenir une intensité d’effort donné le plus longtemps possible (principe de l’endurance..), deuxième but de l’entraînement celui de la surcompensation qui permet au fil du temps d’augmenter le stock de glycogène disponible et donc d’améliorer la condition physique et les performances sur longue distance.
Ainsi avant la programmation d’un entraînement il sera nécessaire d’établir un rapport entre performance visée et l’aptitude physique et ce grâce à un test d’évaluation ,ce qui permettra ensuite la mise en place d’un programme adapté en fonction des capacités réelles du sujet et des objectifs visés (type de compétition ou simple reconditionnement physique) ,il faudra mettre enfin en place un système simple et fiable de contrôle de l’efficacité de ce programme.
Les acteurs de la performance en « endurance » sont au nombre de trois :
Tout d’abord la fameuse vo2max et la vam (vitesse aérobie maximale) qui lui correspond , mais il est largement démontré que ce facteur seul n’est pas suffisant il faut y adjoindre un bon « niveau d’endurance » et aussi une bonne « économie de course » (c'est-à-dire une bonne
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« éfficacité de la foulée » pour un coureur par exemple). Ces trois paramètres sont évaluables au mieux lors d’un test de laboratoire à condition d’utiliser un protocole adapté au sport pratiqué (coureur sur tapis roulant et cycliste sur cycloergomètre) mais aussi a l’aptitude préalable du sujet (plusieurs niveaux de difficulté des protocoles) , une mesure directe de la vo2 par analyse des échanges gazeux couplée ou non à une étude de la cinétique des lactates à l’effort ; la valeur de ces résultats dépendant étroitement de la précision des mesures et de l’expérience de l’équipe médicale. Les classiques tests de terrain seront réservés chez les sportifs jeunes sans le moindre antécédent cardiaque idéalement après s’être assuré d’un examen et d’un ecg de repos normal , ces tests certes plus accessibles et moins coûteux sont plus l’apanage des préparateurs physiques et des entraîneurs notamment dans les sports collectifs, de plus ils ne donnent qu’une approche indirecte de la vo2max et ne permettent pas une détermination des seuils dont nous reparlerons plus en avant.
A l’issue de ce premier test , outre bien sur l’analyse de l’intégrité de la réserve coronaire et de l’absence d’anomalie rythmique, tensionnelle ou conductive , plusieurs indices seront analysés :
- les indices maximaux : la vo2 max et surtout la VAM ou la PAM (puissance aérobie maximale pour le cycliste) mais aussi la fréquence cardiaque maximale réelle du sujet celle-ci étant le plus souvent supérieure notamment sur tapis à la classique formule d’astrand de 220- l’age qu’il faut absolument oublier .
- les indices « intermédiaires : qui permettent d’apprécier le niveau d’endurance du sujet concerné, il a été en effet établi une relation entre certains indices appelés improprement « seuils » et l’endurance aerobie ( qui est le pourcentage de la vo2max et donc de la vam qui est susceptible d’etre maintenu pendant une durée donnée ) et ce bien qu’il n’ y ait aucun fondement physiologique bien satisfaisant pour l’expliquer. Quoiqu’il en soit ces indices intermédiaires seront recherchés lors d’une épreuve progressive avec un protocole adapté le premier « seuil ventilatoire » (ou lactique) correspondant à la limite supérieure de l’endurance pure c'est-à-dire la plus forte intensité à laquelle le sujet peut accomplir un effort de très longue durée ( généralement assimilé à l’allure marathon chez le coureur) , le second seuil ( ventilatoire ou lactique selon la méthode utilisée) classique « seuil anaérobie » qui correspondrait à l’intensité maximale réalisable « en état stable de lactatemie » c'est-à-dire sans accumulation d’acide lactique , aussi appelé seuil de « résistance dure » qui correspond grosso modo à l’intensité soutenable sur maximum 1 heure de course avant épuisement.
- l’indice « économie de course » est plus délicat à évaluer car il dépend de l’aisance du sujet et son aptitude sur le tapis ; elle s’estime en établissant le rapport entre la vo2 consommée à une intensité x ou vitesse x et cette mème vitesse ( par exemple 35 ml/kg/mn à 10 km/h), la moyenne chez le « bipède humain » est de 3,5 ,on parle de bonne économie ou de foulée efficace lorsque ce rapport est de trois (ex : 30 de vo2 pour courir à 10km/h) et inversement de mauvaise si supérieure à 4 , et l’on comprend aisément que plus un sujet consommera moins de vo2 ou sollicitera un moindre pourcentage de sa vo2max à une vitesse donnée plus il sera performant..il est prouvé actuellement que cette économie de course n’est pas irrémédiable et figée et qu’elle peut tout à fait « s’entraîner et s’améliorer »..
De tout temps sportifs et entraîneurs ont naturellement cherché à utiliser un indice pour évaluer l’intensité des
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