FACTEURS DE RISQUE CARDIO VASCULAIRE CHEZ 4037 MARATHONIENS DU MEDOC 2004 |
En 420 avant JC, le malheureux Philippides, chargé d'annoncer la victoire, mourut après avoir parcouru la distance de 40 Km séparant Marathonas d'Athènes. Initialement réservé à une élite, le marathon connaît un essor dans les années 1970 avec la création d'épreuves de masse. Si les caractéristiques des marathoniens de haut niveau ont été bien décrites, peu d'études se sont intéressées aux très nombreux coureurs gagnés par l'engouement de cette épreuve devenue mythique. Nous avons choisi d'étudier une population de 4037 marathoniens « tout venants » Candidats au marathon des châteaux du Médoc, course réputée pour sa convivialité, où l'effort physique côtoie la fête, le vin et le divertissement. Ce travail est basé sur un questionnaire de recueil volontaire par le coureur (données biométriques, antécédents personnels, mode de vie, antécédents familiaux, passé sportif) qui était distribué à tout candidat au marathon du Médoc de septembre 2004. Le recueil et l'analyse des données se sont faits grâce à un logiciel de traitement et d'analyse de données statistiques (Sphinx Primo), au niveau de la cellule informatique de l'Hôpital d'Instruction des Armées Robert PICQUE. La population est essentiellement masculine (78,5% des concurrents). Les candidats sont âgés de 17 à 75 ans, avec un âge moyen de 44 ans et 9 mois. L'entraînement moyen est de 4h 00 par semaine chez les hommes et de 3h 50 chez les femmes. Les performances moyennes sont de 3h 48 mn pour les hommes et de 4h 21 mn chez les femmes. |
La majorité de ces candidats (76 % des cas) ont un index de masse corporel normal bas (compris entre 19 et 25) avec une moyenne à 22,58. On note tout de même un IMC supérieur à 25 chez 17% des candidats et supérieur à 30 chez 0,5% d'entre eux (22 hommes !). 6,7 % des marathoniens rapportent un tabagisme actif et 57,8 % ont une consommation de vin rouge limitée au week-end exclusivement. 24,1% des femmes et 8,3% des hommes n'en consomment jamais. 7% ont réalisé un ECG de repos préalable et 30% une épreuve d'effort mais 7,6% des candidats ont déjà ressenti des symptômes à l'effort (palpitations et douleurs thoraciques notamment) sans forcément en parler à leur médecin voire pratiquer une épreuve d'effort ! Cette étude montre l'importance de l'engouement du marathon par le grand public, avec des sportifs n'ayant pas forcément l'entraînement ni le profil habituellement requis. La proportion non négligeable de signes fonctionnels ou d'antécédents personnels parmi ces coureurs soulignent l'importance de la médecine préventive dans le cadre de la pratique sportive, afin de limiter dans la mesure du possible les accidents cardiaques, et notamment la rare mais toujours médiatique mort subite à l'effort.
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