Mercredi 26 Septembre

Population spécifique > Adolescent

L’ADOLESCENT FACE AUX CONTRAINTES DU SPORT DE HAUT-NIVEAU

5ème Journée Régionale du club Mont-Blanc Cœur et Sport. ANNECY. Novembre 2011, mise à jour janvier 2014.
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I. Constat général et analyse de la participation des adolescents aux activités sportives
Un processus complexe de socialisation, d’adhésion à une culture, d’apprentissage d’une technique et de construction d’une identité.

Motivations à la pratique:
• Le plaisir
• La rencontre avec des amis
• La santé
• La musculation
• « pour maigrir »

Raisons de l’abandon:
• « avoir d’autres centres d’intérêt »
• « insatisfait par l’ambiance »
• « l’activité ne lui plaisait plus »
• « être arrivé à saturation »
• « parce qu’il n’arrive plus à progresser »
• « l’entraîneur ne lui serait pas sympathique
• « n’avait pas l’esprit de compétition »

Un conflit entre les contraintes de la pratique sportive intensive et le processus adolescent:

• Variables influençant positivement l’engagement:
La satisfaction éprouvée, résultat du rapport
coût/bénéfice
Ressources consenties
• Variables influençant négativement l’engagement:
L’attractivité des activités alternatives
Les obligations sociales et les responsabilités
ressenties

Trois « besoins » fondamentaux dans le rapport
coût/bénéfice:
• La compétence: sentiment de contrôle
• L’autonomie: sentiment de liberté
• L’appartenance ou la proximité sociale

II. La question du corps: interface entre peurs adolescentes et pratiques sportives:

1. Les peurs adolescentes:
• Modifications corporelles de l’adolescence
• Événement naturel hors contrôle
• L’adolescence permet de s’approprier l’idée de son
vieillissement comme son appartenance à la
condition humaine.
• Un de ses objectifs est l’apprivoisement de soi.
• Importance de la continuité du sentiment
d’existence qui s ’appuie sur la permanence des
sensations corporelles
• Intérêt d’une pratique sportive (règles, arbitrage,
pluralité, sensations, groupe,…)


La pratique sportive comme une incitation aux
mécanismes de défense des pré‐adolescents:
• Fuite dans l’agir moteur
• Stimulation des sources de plaisir déjà connues (jeu
autour de l’oralité)
• Sécurité relationnelle
• Relations affectives sur le même mode

2. La question du corps:
• Le corps comme point de rencontre
• Interrogation l’extrême
• Lors de l’adolescence, le corps perd ses limites et
n’est plus contenant.
• Il va falloir le mettre à l’épreuve pour en percevoir
les limites, se les réapproprier.
• Le corps comme point de rencontre
• Interrogation l’extrême
• Lors de l’adolescence, le corps perd ses limites et
n’est plus contenant.
• Il va falloir le mettre à l’épreuve pour en percevoir
les limites, se les réapproprier.
• La fréquence de recours aux agirs reflète quelque
chose d’essentiel au phénomène adolescent.
• L’engagement des adolescents dans une pratique
sportive intensive peut être lu comme une voie
ouverte à l’exercice de cette tendance à agir.
• Procédés autocalmants
• L’activité physique intensive permet l’évitement
d’une confrontation à soi‐même, à ses désirs et ses
angoisses. Il s’agit d’une recherche de sensations
corporelles qui doivent remplacer les
représentations mentales et les affects absents.
• Le corps va être transformé mais cette fois au lieu de
subir ces transformations, elles vont être agies.


III. Plaintes symptomatiques du jeune sportif de haut‐niveau :

1. La douleur:
• La douleur est normale pour le sportif de hautniveau
• Installation d’un « état douloureux » comme
maintien actif d’un état d’excitation


Plainte douloureuse comme valeur limite:
• Seuil à dépasser, recherche d’extrême
• Pour aboutir à la transformation du corps originaire
• Sentiment d’existence
• Plaisir (auto‐généré et non génital)

Plainte douloureuse comme intérêt identitaire:
• Marquage musculaire du corps (régressif)
• Les cicatrices (impact de la première)
• Les blessures (deuil du corps tout‐puissant)

Niveaux d’observation et de compréhension:
• Douleur nommée et maîtrisée/toute‐puissance de
l’individu sur son corps
• Plainte associée à un éprouvé corporel, supporté
par une blessure physique/prophylaxie du
traumatisme psychique
• Plainte signifiant le dépassement d’une limite
insupportable/mise en danger

2. La fatigue:
• La fatigue dite « naturelle »
• La fatigue dite morbide ou « pathologique »: fatigue
générale ou asthénie
Importance de savoir distinguer:
• La physiologie de la fatigue (sommeil, croissance,
balance énergétique)
• La pathologie de la fatigue: valeur d’appel

3. Les problèmes d’endormissement:
• Nécessité de s’adapter aux différents changements
• Obligation de choisir
• Déséquilibre physiologique/agent stressant
• Temps libre/activités alternatives

4. Le comportement alimentaire:
Répond à une quadruple demande:
• Énergétique d’ordre biologique
• Hédonique d’ordre affectif et émotionnel
• Symbolique d’ordre psychologique
• Relationnel et culturel

Il est la résultante de l’interaction de deux forces de
vie, l’une interne s’intéresse à l’homéostasie
énergétique et nutritionnelle, l’autre externe régule
les échanges du sujet avec son environnement.

Le CA du sportif de haut‐niveau marque une rupture:
• Satisfaction des exigences de la sélection artificielle
• Déplacement des exigences de maîtrise
psychomotrice
• Phénomènes d’auto‐contrôle


IV. Conséquences psychopathologiques d’une pratique sportive de haut‐niveau:

1. Le surentraînement:
• Désordre neuroendocrinien résultant d’une
surcharge de travail à l’entraînement et en
compétition (MacKinnon, 2000)
• Déséquilibre entre l’entraînement et la
récupération
• Diminution de la capacité de performance
• De plusieurs semaines à plusieurs mois

Les symptômes physiques:
• Difficultés à récupérer
• Baisse des performances
• Douleurs et blessures
• Infections virales bénignes
• Perte d’appétit, amaigrissement
• Troubles du sommeil
Les symptômes psychologiques:
• Instabilité émotionnelle
• Apathie
• Irritabilité
• Agitation
• Baisse d’estime de soi (sentiment d’impuissance)

2. L’épuisement sportif:
• Syndrome de grande fatigue physique et
émotionnelle engendrant une diminution de
l’importance du sport et une baisse de
l’accomplissement sportif (Raedeke, 1997)
• Epuisement physique et émotionnel
• Désillusionnement des activités sportives
• Sentiment de dévaluation personnelle
• Peut nécessiter plusieurs mois voire des années

Signes de troubles anxieux:
• Plaintes douloureuses « a frigore »
• Fracture de fatigue
• algoneurodystrophie
• Troubles de mémoire et d’attention
• Phobies récentes
• Troubles du sommeil

Signes de troubles de l’humeur:
• Fatigue
• Suradaptation stérile
• Inhibition
• Auto‐sabotage sportif prémédité
• Isolement relationnel
• Fuites en avant avec prises de risque
• Lutte contre impuissance par augmentation des
consommations

Troubles du comportement répétitifs:
• Auto‐entraînements perfectionnistes
• « emballement » de la mémoire du mouvement
(motricité stérile)
• Perte de la sensation de plaisir de bouger
• Installation des conduites addictives

3. L’addiction à l’activité physique:
Un besoin de pratiquer une activité physique se
traduisant par un comportement de pratique
excessif incontrôlé et se manifestant par des
symptômes physiologiques et psychologiques
(Hausenblas et Downs, 2002)

Un pattern d’habitude répétitif qui augmente le risque
de maladie ou de problèmes sociaux et personnels
associés. Les comportements addictifs sont souvent
vécus comme une perte de contrôle, le
comportement se produit malgré la volonté de ne
pas faire ou de la faire modérément. Ce pattern
d’habitude est caractérisé par des gratifications
immédiates et par des effets délétères à long terme
(Griffiths, 1996)

• L’investissement: temps, prééminence
• Le contrôle: perte de contrôle, effet d’intention et
rechute
• Les conséquences négatives: réduction des activités,
continuation, conflit

4. Le syndrome post‐intégration:
• Changement du cadre affectif (éloignement familial
et amical)
• Acceptation des règles et des exigences (rythme,
performance, exclusivité, hygiène de vie)
• Appartenance à un nouveau groupe
• Mener le projet à bien, ne pas décevoir
• Dépassement de soi, sacrifices
• Désillusion: essoufflement, perte de confiance
apparition de doutes, nostalgie
• Plaintes sur les conditions de vie
• Blessures à répétition, contre‐performances, perte
de motivation, absence de plaisir,…

Le renoncement au projet correspond à:
• Une blessure narcissique
• L’abandon d’une reconnaissance sociale
• Une véritable désidéalisation identitaire
• Un sentiment de vide existentiel